L'histoire du Disco

Plus qu’un imaginaire de fête, le disco c’est l’envie d’en découdre avec les carcans sexuelles, moraux ou vestimentaires. Retour sur un rythme qui n'en finit pas de faire danser.

Disco final © Nostalgie
Une musique novatrice

Au milieu des années 1970, de nombreux producteurs et musiciens européens commencent à s’inspirer de la soul et des musiques électroniques émergentes.
La musique funk et soul s’épure et s’accompagne de nouvelles sonorités, composées par le synthé et les consoles.

Face au rock et la mouvance punk, le disco puise ses racines dans la musique noire. Mais tout en en reprenant l'énergie, elle la popularise grâce à des rythmes binaires, jamais entendus auparavant.


Les artistes phares

L'époque de la pop sixties et des surprises parties est révolue depuis un certain temps et un nouveau son venu d'Outre-Atlantique commence à faire parler de lui…

Par la voix envoûtante de Donna Summer, et son tube «Love to love you baby », les Européens découvrent une nouvelle musique, le disco. 
S’en suivent des rythmes enivrants et des formations qui se multiplient, dont le groupe américain « Chic », qui explose en 1978 avec le titre « Freak », ou Gloria Gaynor et son incontournable « I will survive ». 

Le disco c’est aussi le désir de s’affranchir de tous les codes musicaux, sociétaux. Preuve en est, les Village People qui explose en 1978 et ce grâce à deux français, Jacques Morati et Henri Belolo. Les cinq américains deviennent des icônes du mouvement gay, parodiant les stéréotypes homosexuels de l’époque. 

Pendant que les suédois d’ABBA séduisent avec « Dancing Queen », c’est l’Italien Giorgio Moroder et le français Jean-Marc Ceronne qui popularise le genre en France.

En effet, à compter de l’année 1978, le disco devient incontournable dans l’hexagone. La légèreté que prône le disco est largement présente dans la variété française, profitant de la naissance des radios libres, sous l'impulsion de François Mitterrand en 1981.

Lancée par Jean-Marc Cerrone et son album « Love in C Minor », de nombreux artistes français surfent alors sur le phénomène tels que Patrick Fernandez qui explose avec « Born to be alive », tandis que Claude François et ses Clodettes séduisent les groupies avec des chorégraphies, déjà en avance sur leurs temps. 

En 1977, les adolescents découvrent une Sheïla en micro shorts ou en combinaison argentée avec son morceau "Love me baby". En collaboration avec B. Devotion, suivront quelques tubes parmi lesquels "Singin' in the rain" et le célèbre "Spacer" qui lui vaut de se classer dans les charts américains.


Une véritable esthétique

Le courant disco fait danser l'Amérique des années 70, à la manière du rock des années 1960. Les discothèques sont désormais les lieux incontournables et s’inscrivent dans le nouveau mode de vie des étudiants américaines et européens. 

A New York, les jeunes affluent sur la 54e rue, devant la boîte de nuit désormais légendaire « Studio 54 ». Toutes les stars du moment y défilent, deGrace Jones à Liza Minelli, ou encore Andy Wharol. La salle est tellement bondée que Mick Jagger, ou deux des membres du groupe Chic, bien qu’invités par Donna Summer, se voient barrer le passage par un vigile !

Mais plus que des pas de danses légendaires, le disco c’est aussi une exubérance vestimentaire : Matière synthétique, paillettes et couleurs voyantes, remplacent les couettes et les jupes plissées.

Désormais, c’est micro shorts et chaussures compensées pour les femmes tandis que les hommes revêtent leur pantalon ‘pattes d’eph’ ». 


"Saturday night fever"

C’est l’époque des rollers et des patins à roulettes…... Plus qu'un simple phénomène musical, le disco devient un phénomène culturel et sociétal. 

Parallèlement à cette effervescence artistique, le disco incarne une société qui s'affranchit d'un carcan de codes sexuels, musicaux et vestimentaires. « Nous mettions enfin en application la philosophie et l'idéalisme des années 60 », explique Glenn Hugues, ex-Village People.

Le disco touche alors tous les domaines, même cinématographique. 
En 1977, des millions de téléspectateurs découvrent les costumes à paillettes et les pas de danses de John Travolta dans « Saturday night fever », le tout sur les morceaux « Staying Alive » ou « Saturday night fever ».
Succès planétaire pour la bande des Bee Gees puisque la musique originale du film de John Badham, se vend à une vingtaine de millions d’exemplaires.

Un an plus tard, le duo Olivia Newton Jones et John Travolta électrisent les foules dans la comédie musicale "Grease", de Randal Kleiser. A coup de tubes tels que « you’re the one that I want », le disco devient une valeur sure du cinéma.
Une popularité toujours de mise près de quarante ans après, comme en témoigne le succès du film « Disco » (2008), de Fabien Onteniente avec Franc Dubosc.

Le disco séduit par sa musique entraînante, spécialement composée pour danser. Les paroles sont également propices à la fête, souvent portée sur la sexualité et la vie nocturne. Le disco est aussi le reflet d’une époque, celle de l’insouciance face au sida et de la fin des trente glorieuses. 


Un héritage musical 
 
Si le disco ne passe difficilement les années 1980, son influence reste énorme, même trente ans plus tard. Le courant a fortement influencé la scène musicale actuelle, aussi bien hip-hop que techno. 

En effet, articulé au niveau de la fête, le disco est dans les années 1980 source d’inspiration majeure de la new wave. 
Si les boules à facettes n’ont rien perdu de leur éclat, le disco, profondément novateur par son utilisation de synthétiseurs, incarne encore aujourd’hui un imaginaire, celui des années 1970, de la fête et de l’insouciance.

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