Alain Souchon : les secrets de fabrication de son album « Jamais Content »

Troisième CD studio du chanteur, « Jamais Content » a imposé Alain Souchon comme un artiste de talent. Retour sur un disque couronné de succès.

Alain Souchon © abaca
Alain Souchon : le mélancolique

« Jamais Content » est le troisième album studio d’Alain Souchon, sorti en décembre 1977. Il révèle le chanteur sous un jour différent, témoin des difficultés de son époque (« La P’tite Bill Elle est Malade » et « Poulaillers' Song »). Il exprime aussi des émotions personnelles comme dans « Allô maman bobo » (1977), l’un de ses plus grands tubes. La mélancolie affleure avec « Y’a d’la rumba dans l’air », qui, entre l’apogée du disco et l’émergence du punk, glisse une note de douceur et de tendresse au cœur d’une période qui en manque.

Alain Souchon et son compère Laurent Voulzy

« Jamais Content » est court : il enchante pendant trente-trois minutes seulement, pour 10 morceaux. Huit d’entre eux ont été composés par son complice Laurent Voulzy, avec qui Alain Souchon est en osmose, et qui pose à côté de ce dernier au dos de la pochette de l’album. Les deux autres sont entièrement signés de Souchon, « La P’tite Bill Elle est malade » et « Le P’tit Chanteur ».

Alain Souchon : un album grave

« Jamais Content » a été enregistré principalement au Studio Davout, sauf la chanson-titre fignolée au Studio Casanova, « le tout dans une ambiance jeune et gaie » comme le mentionne le verso de la pochette de l’opus. Le disque consacre Alain Souchon auteur-interprète doué et touchant, toujours dans la malice et la retenue. Le chanteur dénonce avec humour le racisme dans « Poulailler’s Song », le système qu’il réfute avec « Jamais Content », mais aussi ses galères. La chanson « 18 ans que j’t’ai à l’œil » se fait plus triste et évoque la mort de son père dans un accident de voiture.

Alain Souchon : son premier « véritable » album

« Jamais Content » est un CD important aux yeux de l’artiste, qui a confié à « Télérama », le 26 septembre 2008 : « Pour moi, mon premier album véritable, c’est “Jamais Content”. Mais qu’est-ce qu’on a mis en avant à l’époque ? “Allô maman bobo.” C’était une histoire vraie, j’avais appelé ma mère après être tombé à ski – c’était quand même curieux d’appeler sa mère à 30 ans, pour une chute à ski... Mais moi, j’aimerais qu’on retienne “Jamais Content”. » Le chanteur ajoute alors en évoquant cette chanson : « Je trouvais ça génial, revendicatif. Du rap avant l’heure. »

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