Alpha Blondy

Seydou Koné Né(e) le 1 janvier 1953 (63 ans)

Sa biographie

Alpha Blondy nait en Côte d’Ivoire, à Dimbokro en 1953. Alpha Blondy, premier fils d’une famille nombreuse de neuf enfants, est élevé par une grand-mère aimante. Son éducation, au milieu de femmes âgées, marquera l’ensemble de son œuvre musicale: la pratique de la langue la plus utilisée en Afrique de l’Ouest, le Dioula et les valeurs qui lui ont été inculquées: ne jamais mentir, la vérité prime sur tout.

Alpha Blondy retrouve ses parents à Odienné

En 1962 Alpha Blondy rejoint ses parents, son père occupant un poste à Odienné pour la Compagnie Française de Côte d’Ivoire (CFCI). Alpha Blondy, encore appelé Seydou Koné de son vrai nom, y restera 10 ans. En 1972, à l’âge de 19 ans, il devient président de la section locale du Mouvement des élèves et étudiants de Côte d’ivoire, le MEECI. A cette époque, on le surnomme Elvis Blondy. Alpha Blondy quitte Odienné pour étudier à Korhogo, et forme son premier groupe les Atomic Vibrations, constitué de Price à la guitare, de Pop Touré à la batterie et de Diallo Salia à la basse.

En route vers le Liberia

En 1973, Alpha Blondy quitte la Côte d’Ivoire pour étudier au Liberia à Monrovia, pays qui lui permettra d’accéder plus facilement à l’apprentissage de la langue angalise. Il lui faudra 3 ans pour arriver à New-York City, trois ans au cours desquels il perfectionne son anglais, compose de nombreux morceaux – Come Back Jesus…- et définit son identité en supprimant Elvis de son pseudonyme et en signant ses lettres et correspondances : Blondy.

La vie New Yorkaise d’Alpha Blondy

Nous sommes fin 1973 et Alpha Blondy est à new-York, son rêve devient réalité. Toujours désireux de perfectionner son anglais et encouragé par ses parents restés au pays, Alpha Blondy s’inscrit à la Geneva School of Business pour étudier durant 3 mois, l’anglais commercial, puis au Hunter College et enfin réussit les tests qui lui permettent de rentrer à L’American Language Programm de la prestigieuse université Columbia. A New-York, Alpha Blondy l’Africain rencontre de nombreuses figures du mouvement caribéen et jamaïcain.

C’est pour lui une première approche vers la philosophie Rasta. En 1976 il verra pour la première fois en concert Burning Spear à Central Park, concert qui le marquera à vie. Durant une période de deux ans, Alpha Bondy va étudier au sein de la Columbia University et cumuler les petits boulots. Mais fatigué et malade, supportant mal le rythme effréné de la grosse pomme et le climat très froid en hiver, il part rejoindre son ami Oullaï Joachim, au Texas, à Waco.

Pour subsister, Alpha Blondy travaille à l’usine mais son désir de jouer et composer de la musique est si fort qu’il réussit à se faire embaucher par un distributeur de musiques chrétiennes, le plus important au monde. Ce nouveau job lui permet de consacrer plus de temps à la composition de ses chansons.

Rencontre avec Clive Hunt et premières parties de the Sylvesters

Alpha Blondy vit toujours à Waco au Texas mais il s’ennuie et voit sa carrière stagner. Sa rencontre avec Clive Hunt, leader des Abyssinians et musicien jamaïcain prodige de reggae, encourage Alpha Blondy à quitter Waco. Ce qu’il fera rapidement en assurant plusieurs premières parties de concert pour The Sylvesters qui se produisent dans tout l’état de New York.

Au cours de ses concerts, Alpha Blondy joue ses propres compositions: Burned Down The Apartheid, Bory Samory ainsi que des reprises de Bob Marley comme War qu’il reprend en français.

Premiers enregistrements auprès de Clive Hunt à Brooklyn, studio Eagle Sound

Alpha Blondy compte sur Clive Hunt pour lancer sa carrière car son ami a déjà réalisé un premier album avec le groupe Abyssinians, travaillé avec Max Roméo, chanteur de reggae jamaïcain déjà très connu, et enregistré un album en solo sous le nom de Lizzard. Ils enregistrent ensemble au Studio Eagle Sound sur Brooklyn, huit titres qui ne verront malheureusement jamais le jour, faute de producteur.

1980, Alpha Blondy rentre au pays

Découragé par ces quatre années passées infructueuses et décevantes aux Etats-Unis, Alpha Blondy rentre en Côte d’Ivoire, la mort dans l’âme. C’est à Abidjan qu’Alpha Blondy va résider, chez des amis. A cette époque, il se fait appeler Alpha Blondy pour de bon. Il rencontre des musiciens Ghanéens dans le ghetto d’Adjamé et joue avec eux au Bracodi Bar.

1981, premier passage télé pour Alpha Blondy

C’est Roger Fulgence Kassy, animateur télé talentueux considéré comme le mentor de beaucoup d’artistes ivoiriens de l’époque, qui lui propose de participer à l‘émission de télévision ivoirienne en vogue: Première chance, car il croit aux talents de son ami d’enfance et lui promet ‘des jours meilleurs’. L’amitié entre Roger Fulgence Kassy et Alpha Blondy date de leur tendre enfance.

En 1973, c’est ensemble qu’ils préparent le concours pour rentrer à la RTI, mais seul Roger Fulgence Kassy le réussit. Quand Alpha Blondy revient de son séjour américain, très abattu, Roger Fulgence Kassy est toujours dans l’équipe de la radio ivoirienne où il occupe une place influente. Alpha Blondy saisit sa chance et participe à Première Chance. Il interprètera quatre titres durant le show télé: une reprise de Burning Spear Christophe Columbus et trois compositions à lui: Bintou Were were, Dounougnan et The End.

1982: Alpha Blondy produit par George Benson, producteur et animateur ivoirien

Roger Fulgence Kassy avait vu juste. Alpha Blondy séduit les téléspectateurs et l’enthousiasme du public encourage le producteur ivoirien George Benson à produire son premier album : Jah Glory en 1982. C’est de cet album que le titre Brigadier Sabary est tiré. Dès lors Alpha Blondy applique les règles que sa grand-mère lui inculqué : ne jamais mentir.

Avec ce titre fort de sens et de reproches, Alpha Blondy veut dénoncer la violence de la police et les pratiques violentes qu’elle emploie. Alpha Blondy est un chanteur militant qui dénonce les injustices et ne mâche jamais ses mots.

Un véritable tabac pour Brigadier Sabary, littéralement: Brigadier, pitié!

Le titre emporte un succès considérable en Côte d’Ivoire puis dans toute l’Afrique de l’ouest et jusqu’en Europe dans les pays francophones. Encore aujourd’hui, Alpha Blondy reprend ce titre Brigadier Sabary à chacun de ses concerts. Désormais la carrière d’Alpha Blondy est lancée. Il enregistrera album sur album jusqu’à la suprême consécration.

1986, Jérusalem enregistré au studio Tuff Gong avec les Wailers

C’est aux studios studio Tuff Gong à Kingston en Jamaïque, là où résident The Wailers, les musiciens de Bob Marley, qu’Alpha Blondy enregistre Jérusalem, album culte de l’artiste. Une consécration pour cet artiste qui a embrassé la philosophie rasta et joue de l’Afro/reggae depuis plus de 10 ans.

Alpha Blondy, un homme engagé pour l’Afrique libre

Même s’il est souvent comparé à ses maîtres Bob Marley, Peter Tosh ou Jimmy Cliff, Alpha Blondy développe au cours des années qui vont suivre, son propre style, toujours emprunt de musique et de rythmes africains. Ce qui le distingue aussi des autres artistes africains et reggae, c’est son engagement sans relâche pour les causes du continent africain.

Sillonnant les quatre coins du monde, il va de festival en festival dans le monde entier pour chanter son combat, délivrer un message de paix, dénoncer les situations de crises dues aux guerres civiles qui ravagent son pays, la Côte d’Ivoire. Il vit d’ailleurs toujours à Abidjan, malgré le risque que cela représente vu ses prises de positions. Il est aujourd’hui messager de paix pour l’ONU (Nations Unies) et la CEDEAO (Comité Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest).

Alpha Blondy depuis 2000

Entre singles, album, compilations et Best off, ce sont quelques 26 disques sur 30 ans de carrière. Accompagné de son groupe Solar System, Alpha Blondy sillonne toujours les routes du monde entier. Il chante aussi au sein du Collectif Paris Africa, dont les bénéfices sont reversés à l’UNICEF pour les enfants de Somalie, Djibouti, Ethiopie et Erythrée, la Corne d’Afrique. Après Jah Glory en 1982, Alpha Blondy sort en octobre 2007 Jah Victory et Vision en mars 2011.

Tournée mondiale en 2012 pour Alpha Blondy

Alpha Blondy part en tournée dans le monde entier en avril 2012. Il commence par le Suriname, La Guyane française, puis la Belgique, la Hollande, la Suisse et l’Italie. A bientôt 60 ans, Alpha Blondy a toujours cette énergie combative et musicale qui fait de lui un artiste singulier et atypique dans le paysage de l’afro reggae.