Barbara

Monique Andrée Serf Né(e) le 9 juin 1930 (86 ans)

Sa biographie

"Je ne suis pas une grande dame de la chanson/.../Je ne suis pas désespérée du matin au soir/.../Je ne suis pas une intellectuelle/.../ Je suis une femme qui chante !". Ainsi se définissait Barbara dans les programmes de ses derniers spectacles. Bien plus qu'une "grande dame", elle était l'une des âmes de la chanson française.

Une jeunesse vagabonde

Depuis son plus jeune âge, le désir de chanter a toujours poursuivi Barbara . Enfant, elle s'imaginait "pianiste chantante" et dessinait sur la table les claviers de piano. D'une jeunesse vagabonde, Barbara gardera une nostalgie qu'elle mettra plus tard en chanson "Mon enfance". De la difficile et violente relation paternelle, elle parlera dans un essai inachevé : "Il était un piano noir" et une chanson devenue culte : "Nantes". Sa mère, d'origine ukrainienne, elle garde le tempérament bien trempé. Après un rapide passage au Conservatoire de musique, la jeune femme commence sa longue route en faisant de la figuration à Mogador pour des opérettes. Chaque expérience devient apprentissage, jamais elle ne lâche le but qu'elle s'est intimement fixé : chanter. Elle commence à écrire des textes.

En 1949, alors qu'elle auditionne pour le cabaret des frères Prévert elle se retrouve engagée... pour fAIRe la vaisselle ! Elle met à profit ce passage pour écouter chanter les autres, comme Boris Vian. Après un détour par Bruxelles, Barbara est engagée à l'Ecluse et se produisant aux heures tardives, devient "la chanteuse de minuit". Elle restera là pendant 6 ans, une légende commence à naître. Elle interprète les titres des autres, par exemple Brassens avec "La femme d'Hector" et n'ose avouer qu'elle est l'auteur de certaines chansons comme "Dis, quand reviendras-tu ?". Sans parler de triomphe populAIRe, l'artiste se crée un public, partageant avec lui ses premières émotions de chanteuse.

Une écorchée vive sur scène

1963 marque la sortie de son premier 33 tours : " Barbara chante Barbara ". Parmi tous les titres, le public plébiscite "Pierre". Invitée en Allemagne, extrêmement touchée par l'accueil d'un public chaleureux, elle écrit et chante le dernier soir de son récital le superbe "Göttingen". Grâce à Brassens, qui la prend en première partie de ses concerts à Bobino, un plus large public découvre la chanteuse. La magie opère. Deux ans plus tard, c'est en vedette qu'elle triomphe dans cette salle, offrant aux spectateurs la plus belle chanson d'amour jamais écrite "Ma plus belle histoire d'amour", titre qu'elle reprendra systématiquement dans chacune de ses futures apparitions publiques.

En 1967, comme pour répondre à la douleur que représente le décès de sa mère, elle écrit des titres bouleversants comme "Quand ceux qui vont" et "Rémusat". Il serait faux de ranger la chanteuse dans les dépressives professionnelles. Bien au contrAIRe. Roland Romanelli, l'accordéoniste qu'elle rencontre cette année là et qui la suivra longtemps se souvient de tournées où ils ne pouvaient sortir de leur voiture qu'en rampant tellement ils avaient mal au ventre à force de rire !

n 1969 Moustaki écrit et chante avec elle la célèbre "Longue dame brune". L'année suivante, elle s'essaie la comédie musicale avec "Madame", co-écrit avec Rémo Forlani. S'attribuant le rôle d'une prostituée, son public, peut-être choqué, ne suit pas. La même année un tube sort, ce sera "L'aigle noir". Les concerts et les disques s'enchaînent. En 1973 elle crée "Marienbad" et trouve un port d'attache qu'elle chantera dans le très tendre "Précy jardin" extrait de l'album "Seule" sorti en 1980.

Une Passion intacte

La voix, atteinte par une maladie, change. La Passion reste intacte et la chanteuse triomphe littéralement à Pantin en 1981, face à un nouveau public, jeune, qui rapidement l'idolâtre. Autre expérience de théâtre musical en 1986 avec "Lily Passion", spectacle dans lequel elle chante avec Gérard Depardieu. Préférant la chaleur du public aux studios d'enregistrements, Mogador et le Châtelet seront ses derniers navires. "Sid'amour à mort" marque l'enGagement qu'a pris la chanteuse contre l'épidémie. En secret, elle n'hésite pas à visiter des malades dans les hôpitaux et à chanter dans les prisons. "Le mal de vivre", "le soleil noir" côtoie des AIRs bien plus malicieux comme "Le bois de St Amand" ou "Si la photo est bonne". Insidieusement, un rituel s'instaure entre elle et son public, qui n'hésite pas à reprendre alors que les lumières sont rallumées, ses AIRs favoris pendant de longues minutes.

En 1996 elle sort son ultime album studio contenant une version "Des enfants de novembre" (dédié à tout ce jeune public qu'elle estime sincèrement) et un texte splendide signé Guillaume Depardieu : "A force de". Une santé défaillante ne lui permettant plus de rencontrer son Cher public, la vedette rédige un essai.

Elle décède le 24 novembre 1997 (elle détestait ce mois parmi tous). Certainement une des femmes les plus entières, les plus intransigeantes mais aussi les plus drôles que la chanson ait connu, Barbara a tracé une voie pour toutes les chanteuses exigeantes.

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