Disparition de Jean Ferrat

L'interprète de "Nuit et brouillard" ou encore de "La montagne", s'est éteint ce samedi 13 mars 2010 en Ardèche. Jean Ferrat était âgé de 79 ans. Avec cette disparition la chanson française perd l'un de ses plus dignes représentants.

Jean Ferrat CREASHORE
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C'est à l'hôpital d'Aubenas en Ardèche que Jean Ferrat est décédé ce samedi 13 mars 2010. Agé de 79 ans, Jean Ferrat, qui souffrait d'une grave maladie depuis plusieurs années, a été victime d'une chute.
Interprète et compositeur, Jean Ferrat, connu pour son engagement à gauche, aura interprété et composé plus de 200 chansons.


Un engagement de la première heure

Révélé au public au milieu des années 50, Jean Ferrat, compte parmi ses plus grands succès "La Montagne" (1964) évidemment, le plus grand d'entre eux, inspiré par sa région, notamment Antraigues, où il vivait retiré depuis une quarantaine d'années.

Dans "Nuit et brouillard" (1963), Jean Tenenbaum de son vrai nom, contraint de porter l'étoile jaune et dont le père meurt à Auschwitz, témoigne de l'atrocité nazie.

Sauvé par des communistes, Jean Ferrat démontre une longue fidélité à l'égard du parti, tout en ne s'interdisant pas de se montrer critique, notamment avec la chanson, "Camarade" (1968), dans laquelle Jean Ferrat fustige l'invasion de Prague par la Russie en 1968.

Son amour de la poésie, en particulier pour Louis Aragon, conduit Jean Ferrat à mettre en musique quelques uns de ses plus beaux textes, notamment, "Heureux celui qui meurt d’aimer". Autre hommage également avec le disque "Ferrat 95 : 16 nouveaux poèmes d'Aragon".


"Ma môme" est orpheline

Sa rencontre au début des années 60 avec Isabelle Aubret est également déterminante. Une histoire amicale et artistique qui amène Jean Ferrat à lui écrire "Deux enfants au soleil". Il lui offre également "Tout ce que j'aime", après l'avoir lui-même publié.

Homme de révoltes, d'engagements, d'idéaux et d'exigences, comme en témoignent également "Potemkine" (1965),  "Aimer à perdre la raison" (1971) "La femme est l'avenir de l'homme" (1975), après Jacques Brel, Georges Brassens ou encore Léo Ferré, Jean Ferrat laisse derrière lui un témoignage contre l'injustice, l'indicible et pour la tolérance et l'intelligence.
 
Parmi les réactions à la disparition de Jean Ferrat celles de Claude Lemesle. Le président de la Sacem a affirmé, via l'Associated Press, que Jean Ferrat "était l'une des incarnations majeures de la chanson française de la deuxième partie du XXe siècle".

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Caroline LEBENBOJM

Isabelle Aubret - Les dernières actus