Lou Reed : disparition d’une légende

Fondateur du mythique Velvet Underground, Lou Reed, décédé, hier, dimanche 27 octobre, à l'âge de 71 ans, est un des chanteurs qui, sur fond de tristesse, ont forgé le rock.

Cet homme, qui avait subi une greffe de foie au printemps, se définissait d'abord comme "new yorkais".
Il est mort non loin de là, sur l'île de Long Island. Il a connu une enfance aisée et dès cinq ans, il s'adonne au piano. Et à l'adolescence, c'est la passion, pour le rock, mais aussi le free jazz.

En 1958, --il a 16 ans--, il enregistre "So Blue" dans le style "doo wop", qu'il affectionne.
L'affaire de sa vie, c'est le groupe Velvet Underground, dont il était guitariste et chanteur, et qui abordait des thèmes généralement noirs ou difficiles: tensions sociales, racisme, drogue, transsexualité, crime.
Il fréquente alors Andy Warhol, le pape du pop art, chez qui le groupe se produit fréquemment au sein de la Factory.

Pourtant, ce groupe ne vivra "officiellement" que de 1965 à 1971, avec seulement quatre albums. Au départ, c'est la rencontre avec un bassiste classique gallois, John Cale, qui enregistre "You're Driving Me Insane" et "Cycle Annie" chantés par Lou Reed.

Toujours d'apparence décontractée, visage tourmenté, ridé et paradoxalement resté juvénile au fil des ans, de grands yeux noirs et tristes, Lou Reed a largement évoqué ses problèmes avec la drogue et l'alcool.

Véritable "bête de scène", il n'hésite pas à choquer un public généralement jeune, comme dans son chef d'oeuvre "Heroin". Le guitariste Sterling Morrison, la chanteuse Nico, et Maureen Tucker à la batterie rejoignent le groupe.

Ils font la musique de nombre de films d'amateurs. Une salle où ils enregistrent à Los Angeles est fermée pour "pornographie".


Produit par David Bowie


Le premier album, contient des titres restés célèbres: "I'm Waiting for the Man", "European Son", "Sunday Morning", et bien sûr "Heroin". Peu prisé au début, ce groupe est considéré comme l'inspirateur du mouvement punk.

Toute sa vie, Lou Reed semblera vouloir réparer le traumatisme subi lors d'électrochocs prescrits par un psychiatre et approuvés par ses parents quand il avait 17 ans parce qu'il aurait eu des "tendances homosexuelles".

Lewis Alan Reed est né le 2 mars 1942 à New York, mais il fut élevé à Long Island. L'écriture est pour lui sacrée, et Lou Reed est surtout un compositeur, initié par Delmore Schwartz, poète et professeur de littérature.


L'après Velvet


Après la séparation du Velvet, il se lance seul dans la chanson, et "Kill my sons" rappelle son passé douloureux. Et c'est en solitaire qu'il atteint le sommet de sa carrière.

En 1972, David Bowie produit l'album "Transformer", avec ce qui restera comme ses titres les plus connus "Walk on the wild side" ou encore "Perfect Day".

Après les Etats-Unis, il se tourne vers l'Angleterre.
En 1972 y parait un disque, baptisé "Lou Reed", avec "I can't Stand it", "Oceane" et, autre chef d'oeuvre, "Berlin". Trois ans plus tard, il s'essaie, encore une audace, au bruitage électronique, sur les quatre faces du double album "Metal machine music". La critique y voit son "suicide artistique".

Néanmoins, il repart. En 1978, c'est "Take no Prisoners", et en 1985, une part active à l'album "Sun City" dénonçant l'apartheid.

En 1989, Lou Reed change de style, adoptant le "parlé chanté", avec "New York", hommage à sa ville natale. D'autres textes sont des combats contre le sida ("The Halloween Parade") ou la pauvreté ("Dirty Boulevard").
Il retrouve son ami John Cale en 1990, et le Velvet Underground se reforme dans les années 90, sous l'impulsion de la femme de Lou, Sylvia --dont il divorcera-- le temps d'une série de concerts, notamment en France.

Mais Lou Reed s'éloigne peu à peu du grand public, s'isole.
En 2000, il sort "Ecstasy", assurant ne s'être pas drogué depuis vingt ans. Le 12 avril 2008, il épouse sa compagne, l'artiste expérimentale Laurie Anderson.

Avec Relaxnews

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