Nino Ferrer

Nino Agostino Arturo Maria Ferrari Né(e) le 15 août 1934 (82 ans)

Sa biographie

Culture ou encore art, la destinée de Nino Ferrer paraît être toute tracée. Elevé dans la bourgeoisie par une mère française et un père italien, il passe ses cinq premières années en Nouvelle-Calédonie, où son père est ingénieur.

Bloqué en raison de la guerre en 1939, alors qu'ils sont en vacances, une partie de la famille est contrainte de s'installer en Italie, tandis que le père continue de travailler en Nouvelle-Calédonie. Réunis en 1947, ils s'établissent en France où Nino Ferrer suit, avec succès, des études d'ethnologie et d'archéologie préhistorique avant de travailler au musée de l'homme.

Il développe, par ailleurs, des dispositions pour la peinture, l'écriture et la musique. Il joue de la guitare, du piano, ou encore de la clarinette.

Des aptitudes qui le poussent à se lancer dans la musique. Féru de jazz, il accompagne, entre 1958 et 1960, des musiciens dont Bill Coleman et Richard Bennett. Il est également le guitariste de Nancy Holloway.
Pour autant les portes se referment les unes après les autres, lorsqu'il propose ses textes, d'abord très largement inspirés par le gospel puis par le rythm and blues d'Otis Redding.

C'est finalement en 1963 que l'artiste peut enfin enregistrer son premier 45 tours, "Pour oublier qu'on s'est aimé". Mais c'est un autre titre, extrait de ce disque de quatre morceaux, "Un an d'amour" qui devient un succès en Italie et également en Espagne. Au Moyen-Orient et au Liban, où il part d'ailleurs en tournée, c'est un autre titre, "L'irréparable" qui est plébiscité.


Les trompettes de la renommée sonnent enfin

En France le succès se fait attendre, malgré un passage par l'Olympia, où se produit Nancy Holloway.
Nino Ferrer tente finalement sa chance avec un groupe de gospel, Reverand Nino and the Jubiless, dont il se sépare quasiment aussitôt.

Mais déjà, la fin d'années laborieuses. Nous sommes en 1965, "Mirza" perdue, c'est le succès (re)trouvé. La légèreté du texte et le rythm and blues font mouche. La chanson est appréciée du public tout comme "Les cornichons", qui s'inscrit dans la même lignée. Le chanteur, qui use de la dérision avec brio, récidive avec "Oh ! hé ! hein ! bon".

Cette soudaine célébrité plonge l'artiste dans le luxe et la richesse, à la manière d'un dandy. Néanmoins, en 1966, Nino Ferrer commence à décroCher de cette douce torpeur lorsque sonne le "Téléfon". Le chanteur commence à vivre difficilement les affres de la notoriété.

Il est en conflit avec le milieu de la presse et de la chanson. La pression est telle qu'il quitte la France pour l'Italie entre 1967 et 1970. Il poursuit toutefois avec l'ironie et le cynsime qui le caractérise, notamment avec "Mao et Mao" et "Mon copain Bismarck" en 1967 ainsi qu'avec "Le roi d'Angleterre", l'année suivante.
Sa notoriété s'accroît également en Italie, où il anime une émission musicale quelque peu dérangeante.

Néanmoins, accompagné d'un organiste camerounais, un certain Manu Dibango, il n'en délaisse pas pour autant le public français. Il sort en 1971, "Rats and Roll" et s'installe dans le Sud Ouest de la France, dans le Quercy.
A la faveur de sa rencontre avec du guitariste anglais, Mickey Finn, il se rapproche du rock and roll, qui donne à ses textes moins de "légèreté".

En 1972, si l'album "Metronomie" connaît un succès mitigé, le titre "La maison près de la fontaine" se vend à 500.000 exemplAIRes. Cette réussite, qui permet à l'artiste de revenir sur les devants de la scène, ne le satisfait pas réellement dans la mesure où le public ne le suit pas dans l'orientation rock and roll qu'il souhaite prendre.
Néanmoins, le succès de "La maison près de la fontaine" lui offre la liberté de monter son groupe avec Mickey Finn et d'autres musiciens.


Dichotomie


Sans surprise, l'album rock and roll "Nino and leggs" (1973) ne marche pas l'artiste le prévoit. L'année suivante, c'est la sortie du disque "Nino and Radiah" (la femme qui figure sur la pochette de l'album).

L'échec est relatif puisque si aucune des chansons en anglais ne rencontre l'écho escompté, "Le Sud" devient le classique que l'on connaît aujourd'hui. Nouvelle déception pour Nino Ferrer , qui se retrouve dans la même conjoncture que pour l'album "Metronomie". La couleur musicale de ses succès ne lui correspond pas tout à fait.

La rancoeur est d'autant plus grande que les disques "Suite en oeuf" (1975) et "Véritables vérités verdâtres" (1977) passent presque inaperçus.
Soucieux d'étendre encore son univers musical, le chanteur sort en 1979 "BlAnat" avec des titres en français et en anglais aux intonations jazz et gospel. Il se produit également sur scène avec Jacques Higelin et le groupe de Paul Personne.

Quatre ans plus tard, il sort "Rock'n'roll cow boy", avant d'écrire et d'interpréter l'année suivante "L'Arche de Noé", une comédie musicale pour enfants dans laquelle il campe Dieu.

En dépit de cette création qui ne manque pas trouver son public, c'est en Italie que l'artiste trouve refuge au début des années 90 avant d'effectuer un glorieux retour dans l'hexagone à la faveur d'une intégrale, "L'indispensable". Son retour s'accompagne d'une tournée de trois mois en 1995, en compagnie de son groupe, Les Leggs.

Trois ans plus tard, Nino Ferrer , particulièrement affecté par le décès de sa mère et les compromis qui ont jalonné sa carrière se suicide.
A l'instar de sa désillusion, la balle l'atteint en plein coeur.

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