Biographie Pierre Henry

Pierre Henry Né(e) le 9 décembre 1927 (89 ans)

Sa biographie

Présentation

Né le 9 décembre 1927 à Paris, Pierre Henry grandit au sein d'une famille de grands mélomanes. Il apprend très jeune à jouer du piano, jusqu'à entrer au Conservatoire à l'âge de 10 ans. À 17 ans, il compose ses premiers grands morceaux, dont « Funérailles » et « Invocations à Homère ».

Baignant encore dans le classique, il commence l'année d'après à imposer son propre style, entre autres sur « 52 dimanches noirs ». Bricolant avec le peu d'outils qu'il trouve, Pierre Henry expérimente de ses propres moyens de nouveaux sons.

En 1949, il obtient à la Radiodiffusion-Télévision Française un poste d'arrangeur et fait la rencontre de Pierre Schaeffer. La même année, il est sollicité par Boris Vian pour travailler dans son spectacle baptisé « La Rose rouge ».

Il donne alors naissance à « La symphonie pour un homme seul », composé en collaboration avec Pierre Schaeffer. Fruit d'une véritable expérimentation musicale, ce morceau connaît un succès plus ou moins timide, mais contribuera néanmoins à ouvrir la voie aux futures expérimentations électroniques du GRMC.

En 1951, Pierre Henry est nommé par Pierre Schaeffer pour diriger et animer le Groupe de Recherche sur la Musique Concrète chez RTF. Au sein de ce dernier, il laisse libre court à ses expérimentations musicales et surtout à ses envies d'intégration de bruits dans les compositions.

Il utilisera entre autres pour la première fois, le terme musique électroacoustique pour désigner ses compositions.


La consécration

Désormais considéré comme l'un des meilleurs compositeurs de son époque, Pierre Henry est sollicité de tous parts pour composer pour des films ou des spots publicitaires. Entre temps, il compose pour lui-même et effectue des concerts.

Parmi ses oeuvres notables, on cite « Le voile d'Orphée », qui mêle des bruits et dérangements pré-enregistrés à la composition originale de Pierre Schaeffer. Par la suite, il est invité par le chorégraphe Maurice Béjart à composer des oeuvres expérimentales pour quelques-uns de ses ballets.

De cette collaboration naîtra à titre d'exemple « Le ballet fugace » en 1955, « Haut voltage » en 1956 ou encore « La messe pour le temps présent » en 1966. En 1958, Pierre Henry quitte la RTF pour monter avec Jean Baronnet le studio Apsone-Cabasse, qui sera connu comme étant le premier studio électronique privé de l'Hexagone.

Dans les années 1960, Pierre Henry enchaînera les compositions pour les ballets et les films, touchant petit à petit à d'autres domaines que le classique, dont le rock et les rythmiques traditionnelles. En parallèle, il se découvre également des talents pour la mise en scène et la régie des éclairages.

Dans les années 50-60, on compte plus d'une trentaines d'oeuvres complètes, composées pour le cinéma et les ballets. Parmi les oeuvres notables de cette époque, on cite « Coexistence », « Investigations », « Le voyage » ou encore « La noire à soixante » et « La messe de Liverpool ».


De 1970 à aujourd'hui

Toujours aussi poussé dans ses expérimentations musicales, Pierre Henry ne cesse de créer de nouveaux sons, donnant naissance aux premiers morceaux futuristes, combinant la machine et les instruments.

Cette nouvelle conception donnera vie à deux opéras conceptuels, baptisés « Kyldex » et « Futuristie ». S'ensuivent des oeuvres comme « Dieu », « Apocalypse de Jean » et « Noces chimiques », qui marquent la transition du pré-électronique vers un son plus « mystique » et new age.

Mais Pierre Henry ne saurait oublier le classique et ne peut s'empêcher d'interpréter ou de revisiter les oeuvres de Beethoven ou encore les Chants de Maldoror et de Lautréamont. Par la suite, il s'illustrera à la radio par une adaptation en musique des Fables de La Fontaine.

Véritable précurseur de la musique électronique, Pierre Henry compte parmi ses plus belles lettres de noblesse une distinction de la Légion d'Honneur, de l'Ordre National du Mérite et de l'Ordre National des Arts et Lettres.

Un album tribute to Pierre Henry, intitulé « Métamorphose : Messe pour le temps présent », est enregistré en 1997 par la new scene des musiques électroniques et du DJ'ing.

Toujours actif à l'heure actuelle, Pierre Henry a sorti en 2003 de « Dracula » et « Voyage initiatique » en 2005.