Prince : Rétrospective de la carrière d’une icône

Avec quelque 80 millions de disques vendus dans le monde et un style hors du commun, Prince a marqué son époque. Retour sur la carrière d’un artiste éclectique et extrêmement talentueux.

Prince : Rétrospective de la carrière d’une icône © © Kevin Winter / Getty Images

Prince, un enfant prédestiné…

Né le 7 juin 1958 dans une ville de Minneapolis à laquelle il restera extrêmement attaché tout au long de sa vie, Prince Rogers Nelson est le fruit de l’amour entre deux passionnés de musique, Mattie Shaw et John L. Nelson. Ils se rencontrent en 1956 lors d’un concert où John L. Nelson se produit comme pianiste d'un groupe de jazz dans les bars et les clubs du Minnesota sous le nom de scène de Prince Rogers, nom qu’il transmettra à son premier enfant. Rêvant de devenir chanteuse de jazz, Mattie Shaw intègre alors le Prince Rogers Trio et ils se marient en 1957. La carrière du groupe s’arrêtera rapidement et le couple se sépare en 1965, mais Mattie Shaw et John L. Nelson ont eu le temps de mettre au monde deux artistes : Prince et sa petite sœur Tyka Nelson qui poursuit encore aujourd’hui une carrière de chanteuse.

…et un talent précoce

Élevé dans une ambiance propice au développement d’un talent précoce, Prince se nourrit des différents styles musicaux qu’il écoute dès sa plus petite enfance à la radio. Le jeune garçon compose même dès l’âge de 7 ans, sur le piano de son père, sa première chanson intitulée "Funk Machine". Vivant de façon alternée avec l’un ou l’autre de ses parents après leur séparation, Prince s’installe dans le sous-sol de la maison voisine, un jour où il est mis dehors par son père alors qu’il n’a que douze ans. Accueilli par la famille Anderson dont le père est musicien, l’adolescent passe plus particulièrement du temps avec le petit dernier, André Simon Anderson. Celui-ci, plus connu sous son nom de scène André Cymone, jouera avec Prince dans plusieurs groupes, et notamment avec 94 East qui permet au Kid de Minneapolis de mettre un pied dans le monde de la musique professionnelle au milieu des années 70.

Des premiers succès controversés

Attirant déjà la convoitise des maisons de disque, Prince signe en 1977 avec Warner Bros qui lui garantit la production de trois albums tout en lui laissant la direction artistique et la propriété des droits d’édition. Après deux albums R’n’B nommés "For You" et "Prince" qui intègrent les classements des meilleures ventes à la fin des années 70, Prince explose médiatiquement et commercialement avec les opus "Dirty Mind", "Controversy" et "1999". Si ces trois albums beaucoup plus funk assurent un succès grandissant à l’artiste et de nombreuses dates de concert, ils comportent également des paroles parlant parfois crûment de sexe, ce que rejette une partie de la population. Choisi en 1981 par Mick Jagger pour être en première partie des Rolling Stones, Prince est accueilli par les sifflets et les huées du public lors des deux premières dates, et il annule par conséquent sa présence sur les suivantes.

La consécration planétaire avec "Purple Rain"

Adulé par de très nombreux fans fascinés par sa musique, son look androgyne et ses attitudes suggestives, Prince fourmille d’idées et se lance en 1983 dans un projet semi-autobiographique, "Purple Rain". Il joue le personnage principal du film du même nom dont il compose et interprète la bande originale avec ses musiciens du groupe The Revolution. À leur sortie en 1984, le long-métrage et l’album – mélange alors très original de rock, pop et électro – rencontrent tous deux un énorme succès aux États-Unis, à la fois populaire et critique. Non seulement Prince reçoit l’Oscar de la meilleure musique de film en janvier 1985, mais également deux Grammy Awards et trois American Music Awards. Tiré de la B.O., "When Doves Cry" est le premier single de Prince à se positionner en tête du fameux classement hebdomadaire Billboard Hot 100, ce que parviendront également à faire les autres extraits "Let's Go Crazy" et "Purple Rain". Ce triomphe trouve une résonnance à l’international où Prince devient également une icône. De 1985 à 1994, Prince signe encore d’innombrables tubes planétaires, parmi lesquels "Raspberry Beret", "Kiss", "Sign o' the Times", "U Got the Look", "Batdance", "Thieves in the Temple", "Cream", "Diamonds and Pearls" et "The Most Beautiful Girl in the World". Son succès, son attitude et son hyperproductivité font alors de lui le rival pop de Michael Jackson.

Le dernier grand retour du Prince

Si Prince a été un artiste incroyablement productif avec plus de trente albums studio sur moins de quarante ans (1978-2016), sa carrière a néanmoins connu un léger passage à vide dont il a su se sortir. Après avoir annoncé son départ officiel de la Warner, il prend pour nom en 1996 "Love Symbol" et édite ses disques de façon indépendante. Si le premier album "Emancipation" est un succès, les opus suivants sont plutôt boudés par les médias et le public. Reprenant son nom de Prince dès 2001, il signe un contrat avec le label Columbia Records (appartenant à Sony Music) pour un nouvel album. Sorti en 2004, "Musicology" est un retour au succès avec une tournée accueillant plus de 1 million de spectateurs aux États-Unis, et il remporte deux Grammy Awards. La fin de carrière de Prince est marquée par huit albums sortis de 2006 à 2015 (dont "3121" chez Universal), un Golden Globe remporté en 2007 pour sa participation à la bande originale du film "Happy Feet", un show incroyable au Super Bowl de la même année, et un retour chez Warner Bros. Le 21 avril 2016, le chanteur est retrouvé mort dans sa résidence du Minnesota, laissant des milliers de fans inconsolables derrière lui.

Prince - Les dernières actus