Ces clips dirigés par des réalisateurs célèbres

Certains artistes n'hésitent pas à faire appel aux plus grands noms du cinéma pour mettre en valeur leur travail. Découvrez quelques-unes des plus belles collaborations du cinéma pour la musique.

ces clips dirigés par des réalisateurs célèbres © Patrick CAMBOULIVE/Sigma

Michael Jackson – Bad (Martin Scorsese)

Le 7 septembre 1987, le monde découvre Bad, deuxième single de l’album du même nom et vraisemblablement l’une des chansons les plus emblématiques de Michael Jackson. Un succès qui n’aurait probablement pas pris autant d’ampleur sans la touche de génie d’un homme : Martin Scorsese.

Réalisateur de renom, à qui l’on doit nombre de chefs-d’œuvre comme Taxi Driver, Raging Bull ou New York, New York, Martin Scorsese signe, avec Bad, l’une des plus belles transpositions du cinéma vers la musique. Mieux qu’un simple clip, Bad est un véritable court-métrage de 18 minutes inspiré de l’histoire vraie de Edmund Perry, un jeune New-Yorkais de Harlem, tué de sang-froid par un policier le 12 juin 1985. Michael Jackson y interprète Daryl, un jeune voyou repenti qui retrouve pendant l’été ses vieux amis du quartier. Pour prouver qu’il n’a pas perdu son âme de mauvais garçon, Daryl s’engage alors dans une bataille de danse endiablée pour sauver son honneur.

Isabelle Adjani – Pull marine (Luc Besson)

Impossible, dans les années 1980, de passer à côté de Pull marine. Une chanson mythique sortie en 1983, coécrite et composée par le grand Serge Gainsbourg. Mais si cette chanson a su traverser les âges, c’est aussi grâce à son clip si particulier, signé par l’un des cinéastes français les plus talentueux de son époque, Luc Besson. L’homme derrière Le Grand Bleu, Léon ou encore Nikita. Là encore, Luc Besson, alors seulement âgé de 25 ans, parvient à transcender la limite entre musique et cinéma, en proposant un véritable court-métrage entièrement scénarisé. Toute en finesse et en métaphore, le clip illustre de manière surréaliste les aléas d’un couple à la dérive. Des plans variés et d’une grande richesse qui vaudront au jeune Luc Besson, tout juste remis de son premier long-métrage Le Dernier Combat, le prix du meilleur vidéoclip aux Victoires de la musique de 1985 et qui le lanceront vers la carrière qu’on lui connaît.

Bruce Springsteen – Dancing in the Dark (Brian de Palma)

Dancing In The Dark est le premier single tiré du célèbre album de Bruce Springsteen Born in the USA, sorti le 3 mai 1984. Un succès planétaire qui propulsera l’artiste en tête des charts et fera de cet album, l’album le plus vendu de toute sa carrière. Mais derrière le succès de Dancing in the Dark se cache encore une fois une pointure du cinéma contemporain, en la personne de Brian de Palma. C’est à ce réalisateur de talent qu’on doit notamment quelques-uns des grands classiques du cinéma américain, comme Scarface ou Les Incorruptibles. Dancing in the Dark sera d’ailleurs sa seule incursion dans le monde de musique puisqu’il n’a jamais retenté l’expérience depuis. A l’instar des précédents réalisateurs évoqués ici, Brian de Palma laisse de côté l’approche cinématographique pure et opte pour un montage d’images « live », notamment filmées le premier jour de la tournée Born in the USA Tour. Un clip qui illustre à merveille la puissance et la ferveur présentes lors des concerts de Bruce Springsteen.

Indochine – College Boy (Xavier Dolan)

En 2013, c’est le groupe mythique Indochine qui signe une collaboration avec un réalisateur célèbre. Le clip de College Boy, issu de l’album Black City Tour avait fait couler de l’encre par la dureté de ses images et son propos. C’est le jeune réalisateur québécois Xavier Dolan qui est aux commandes, tout juste un an avant Mummy, le film qui le révélera au grand public grâce à son Prix du jury à Cannes en 2014. Dans College Boy, Xavier Dolan dépeint le quotidien d’un adolescent harcelé par ses camarades de classe. On y retrouve les mêmes éléments qui ont fait le succès du film : un format d’image carré, les mêmes thématiques sur les problèmes de l’adolescence et même son iconique acteur principal Antoine Olivier Pilon. Si le clip avait pu choquer lors de sa sortie, c’est qu’il expose des scènes d’une rare violence. On y voit l’adolescent crucifié par ses camarades puis criblé de balles comme sur un peloton d’exécution. Une violence qui n’était vraisemblablement pas au goût de tous puisque le CSA avait interdit le clip aux moins de 18 ans.

Nick Cave & The Bad Seeds – We No Who U R (Gaspard Noé)

We No Who U R est une chanson sortie le 3 décembre 2012, tiré de Push the Sky away, le quinzième album d’un des plus célèbres chanteurs de rock alternatif australiens, et du monde : Nick Cave. Une chanson envoûtante et contemplative dont la réalisation du clip est confiée à Gaspard Noé, un homme connu pour son univers cinématographique puissant et déganté (Seul contre tous, Irréversible, Enter the Void). Il est donc le candidat idéal pour illustrer l’atmosphère artistique de Nick Cave. Le clip de We No Who U R ne raconte pourtant pas d’histoire, il se contente, avec une simplicité déconcertante, de suivre la silhouette d’un homme projetée sur les arbres d’une forêt, la nuit, à la manière d’un spectacle d’ombres chinoises. Une esthétique de film d’épouvante laissant le champ libre aux interprétations, à la réflexion et au rêve.

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