Yuri Buenaventura

Yuri Bedoya Né(e) le 12 avril 1961 (55 ans)

Sa biographie

Un Colombien débarque à Paris

C'est bien dans la ville portuaire colombienne de Buenaventura que Yuri Bedoya voit le jour le 12 avril 1961. Si on ne lui pressentait pas d'emblée un avenir dans la musique, l'on ne peut pas non plus dire qu'on lui a interdit d'y toucher.

Aux côtés de son propre père, Yuri Buenaventura découvre les multiples facettes de cet art. Le jeune homme grandit, bercé par les rythmes entraînants du cununo et les notes vire-voltantes de salsa. Les textes de contestation de bien d'artistes latinos effleurent sans cesse ses oreilles : Joan Manuel Serrat et Violeta Parra, entre autres.

Plus tard, il part à Paris, pour faire ses études supérieures. Mais il saura vite que les très sérieuses sciences économiques ne parlent pas aussi bien à son âme que les notes chaudes de la musique. Il découvre diverses mélodies en frayant avec Français et autres Cubains, Brésiliens et Argentins.

C'est dans le métro que l'artiste décide de rencontrer son premier public. Au début des années 90, il fait ses armes au sein de diverses formations qui font la pluie et le beau temps de la musique latino. Entre Grupo Caïman et Sabor, puis les choeurs qu'il doit assurer au sein de Mambomania, Yuri Buenaventura ne trouve plus de temps que pour la musique.


« Ne me quitte pas » : une reprise porte-bonheur

Résolu à s'engager totalement dans la voie de sa passion, Yuri Buenaventura quitte ses études et fait quelques petits boulots pour survivre. Côté musique, il donne plus que jamais du sien aux côtés d'un certain Orlando Poleo, qui détient déjà une belle prestation, dans le maniement du congas.

Avec l'orchestre dirigé par ce dernier, l'artiste, qui cherche encore sa voie, se produit devant un public beaucoup plus consistant en 1996. Il rentre dans son pays, hanté par l'euphorie lue dans les yeux des spectateurs venus les applaudir au Festival Tempo Latino. Ce qui lui inspire de foncer sur un premier opus, où il liquide ses derniers deniers.

« Herencia africana » le laisse sans le sou et déçu car le disque ne sera pas édité. C'était sans compter sur les oreilles de Remy Kolpa Kopoul, qui est subjugué par cette tonalité si rare sur laquelle il chante « Ne me quitte pas ».

Le titre signe l'entrée dans les bacs de l'album rangé aux placards. Les passions se déchaînent autour de l'opus, qui comprend en outre deux titres bien français, distillés à une sensualité toute latino. L'oeuvre de Yuri Buenaventura grimpera les échelles de vente et devient Disque d'or.


La consécration

Boosté par l'accueil chaleureux obtenu par son premier album, Yuri Buenaventura reprend confiance et ne tarde pas à signer « Yo soy ». Sorti en 1999, ce deuxième album explose de mille couleurs.

Une reprise par-ci, une bande originale et un mélange étonnant par là. Le duo « Salsa raï », qui le réunit à Faudel, le temps d'une chanson, porte à son paroxysme la recherche de l'unité dans la diversité. Le disque réussit surtout le pari de montrer que le Colombien a une personnalité musicale bien trempée et cette authenticité plaît énormément.

La réputation aidant, Yuri Buenaventura ose maintenant s'aventurer dans des projets de plus en plus divers. Il est sollicité en 2001 pour écrire la bande originale d'un film signé Jean-Marie Poiré. Un an plus tard, il est convié à une rencontre assez étonnante avec le groupe cubain Orishas, qui fait dans le rap.

Éclectique, chaleureuse, vivante et illuminée sont autant de qualificatifs qui conviennent à la musique vue par Yuri Buenaventura. Son plus récent « Cita con la luz », livré par Mercury/Universal en 2009, en fournit une preuve supplémentaire.

« J'ai l'ambition de faire de la musique qui fait à la fois danser et réfléchir », dira-t-il un jour. Objectif largement atteint.

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