L'histoire d'une chanson : Qui saura ? – Mike Brant (1972)

Retour sur la genèse de la chanson "Qui saura" de Mike Brant. Inspirée d’une chanson italienne, "Qui saura" connaît un énorme succès en avril 1972 et se vend à plus d’un million d’exemplaires.

Repéré à Téhéran à la fin des années 60, Mike Brant est engagé sur les tournées de Sylvie Vartan, qui l'invite à Paris. Qu’à cela ne tienne, au printemps 69, au terme de son contrat au sein du club iranien, Mike Brant, son billet d’avion en poche, arrive à Paris. Nous sommes en juillet 1969, il s’installe face à l’église de Saint-Germain-Des-Près. A son arrivée dans la capitale, les débuts sont ardus. Mike Brant, quasi sans le sou, peine à joindre Sylvie Vartan, en tournée.

Une rencontre déterminante 

Finalement en relation, Carlos, qui codirige le Bistingo, un club de Saint-Germain-des-Prés où le tout show biz se presse pour y applaudir les nouveaux talents, lui permet d’effectuer ses premières prestations scéniques. Il lui fait également rencontrer l’un des compositeurs en vogue, Jean Renard, déjà associé aux tubes de Johnny Hallyday et naturellement Sylvie Vartan.
Sa carrière est lancée. Les premiers succès arrivent dès 1970 avec « Laisse- moi t’aimer » et « Mais dans la lumière ».

C’est dans ce contexte que Mike Brant, un personnage à la fois timide et séducteur, connaît un de ses plus grands hits, dont la réussite, à l’instar de l’ensemble de son œuvre, réside probablement dans les paroles, les mélodies, les orchestrations et l’universalité des sentiments.

« Qui saura » ou cela mène… Moshe Brand 

Durant ses premières années passées en France, celui qui devient Mike Brant, « avec un « T », son frère Zev, qui s’occupe de lui, redoutant un amalgame avec la marque d’électroménager », se lie d’amitié avec Dalida. La chanteuse qui  vient encore de s’octroyer les première places de hits parade avec : « Le temps des fleurs » (1968) ou encore « Darla dirladada » (1970) se produit à l’Olympia du 23 novembre au 5 décembre 1971. C’est Mike Brant qu’elle veut pour assurer sa première partie.

Flatté, celui, dont les groupies assurent également le spectacle lors de ses déplacements, certaines frôlent l’hystérie en concert et d’autres vont jusqu’à l’attendre sagement, ou presque, allongées dans sa chambre d’hôtel, accepte et ce, contre l’avis de Jean Renard. Estimant que c’est trop prématuré pour son poulain, il vend ses parts à Gérard Tournier, également producteur de Mike Brant. C’est dorénavant Charles Talar, qui gère notamment Dick Rivers, Michèle Torr ou encore Serge Lama, qui va le coproduire.

Pour assurer le spectacle sur la scène du music-hall des époux Coquatrix, Mike Brant se souvient d’un titre interprété en 1971, dans le cadre du festival italien de San Remo lancé vingt ans plus tôt ; évènement qui inspire le Concours de l’Eurovision en 1956.

Il s’agit d’une chanson de Franco Migliacci et de Jimmy Fontana, intitulée « Che sarà ». Lors du festival, deux interprètes reprennent ce morceau, chanté pour la première fois sur scène. Il y a le chanteur et guitariste américain aveugle, José Feliciano et le groupe à qui l’on doit plus tard « Sara perche ti amo », Ricchi e poveri. 

« A l’époque, on va chercher le tube ailleurs »

Et c’est effectivement ce qui va se passer pour « Che sarà ». « Richard Anthony et Régine songent, avant même Mike Brant, à reprendre le morceau » qui est réadapté avec le parolier, Michel Jourdain, également associé à Eddy Mitchell, Charles Aznavour, Dalida et même Barbra Streisand.

Mais c’est bien Mike Brant qui sort en avril 1972 « Qui saura ». Plus anecdotique, le rappeur américain, Eminem, réarrange la mélodie pour son morceau « Crack the bottle ». 

« Qui saura » de Mike Brant s’écoule à plus d’un million d’exemplaires. Le titre constitue sans nul doute l’un des plus importants succès commerciaux de l’artiste.

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