Après une scolarité dans la Tarn, pour fuir l'occupation allemande, et
un passage par Madrid, où il suit son père,
Hugues Aufray monte à Paris
en 1948 pour intégrer l'école des Beaux Arts.
Malgré son souhait de
devenir peintre, la réalité financière le contraint à abandonner cette
voie et à devenir chanteur de rues pour subvenir à ses besoins.
D
urant une dizaine d'années, il se produit tantôt dans des bars, tantôt
dans des cabarets où il interprète notamment des morceaux de
Georges
Brassens, qu'il admire.
Conscients de son talent et soucieux de le voir quitter l'amateurisme,
ses proches le poussent à participer à un radio crochet, qu'il remporte
avec "
Le poinçonneur des Lilas",
Chanson d'un auteur compositeur et
interprète encore inconnu, un certain
Serge Gainsbourg .
Sa victoire lui
permet d'être remarqué par la maison de disques
Barclay avec qui il
enregistre son premier 45 tours "
Y avait Fanny qui chantait".
La révélation Dylan
Son début de carrière est également marqué par l'invitation de
Maurice
Chevalier qui lui demande de venir se produire avec lui à New-York. La
ville le séduit, après un bref retour à Paris pour des passages chez
Patachou et à l'Echelle de Jacob, il s'y installe et y fait une
rencontre déterminante pour la suite de sa carrière, celle avec
Bob
Dylan. Rapidement
Hugues Aufray adopte son style folk-song et joue avec
une guitare sèche.
De retour en France, il ne pense plus qu'à adapter les textes de cet
auteur compositeur et interprète. C'est chose faite en 1961 avec "
Santiano" qui devient un énorme succès et sur lequel il s'accompagne
également d'un banjo, à la manière des étudiants américains, adeptes du
"skiffle", cette musique qui associe donc guitare sèche et banjo.
En 1963 en pleine déferlante yéyé, le chanteur, qui parvient à imposer
son style, est sollicité pour l'Eurovision, où il représente le
Luxembourg, avec "Dès que le printemps revient". La
Chanson , qui ne
remporte pas le concours, est un nouveau succès.
Johnny Hallyday
l'invite alors à assurer la première partie de son spectacle à
l'Olympia, où
Hugues Aufray revient l'année suivante avec
Alain
Barrière. Désireux de fAIRe connaître en France l'oeuvre de
Bob Dylan ,
il fait appel à
Pierre Delanoé et à
Jean-Pierre Sabar pour adapter ses
Chanson s. L'album "
Aufray chante Dylan", qui contient notamment "L'homme orchestre", sort en 1965.
L'année suivante, il se produit sur
la scène de l'Olympia durant trois semaines et connaît un énorme succès
avec "
Céline" et "
Stewball", un titre largement inspiré par son
amour pour les chevaux et la nature, qu'il a développé lors de son
enfance dans le Sud de la France.
Artiste atypique
Hugues Aufray se tourne vers un registre plus traditionnel en 1970 avec
le disque "
Avec amour", dédié à sa femme. Le public n'est pas
convaincu par cette nouvelle orientation, l'artiste décide de prendre
du recul et se retire après un passage par Bobino et une tournée en
1971.
Il revient en 1978 avec un
Double album "
Transatlantic" et une
tournée. Il faut attendre cinq ans pour que le chanteur s'offre une
grande scène, celle de l'Olympia avant de partir sur les routes
africaines. Il participe d'ailleurs en 1985 à la "
Chanson pour
l'Ethiopie", initiée par
Renaud , l'un des ses fervents admirateurs.
Cinq ans plus tard, il fête ses trente ans de carrière avec un album
qui reprend ses plus grands succès et s'offre l'Olympia l'année
suivante, entouré d'une dizaine de musiciens qui l'accompagnent sur une
trentaine de titres.
En 1995, sort "
Aufray trans Dylan" qui rassemble une nouvelle fois
des textes de l'interprète américain adaptés par
Hugues Aufray
lui-même. La lutte contre les discriminations et la défense de
l'environnement sont des thèmes qu'il reprend également sur son disque
hispanisant "
Chacun sa mer" qui sort en 1999.
En 2002,
Johnny Hallyday le sollicite pour écrire le texte de son titre
"
Si c'était à refAIRe", extrait de son album "
A la vie, à la mort",
et l'invite à le rejoindre sur scène l'année suivante.
En 2005, en hommage à
Félix Leclerc, il sort le disque "
Hugues Aufray
chante
Félix Leclerc" dans lequel il reprend seize des succès du
chanteur québécois. "
Moi mes souliers" ou encore "
J'ai deux
montagnes à traverser" sont quelques uns des titres qu'il interprète
au Théâtre du GymNase avant de se produire une nouvelle fois à
l'Olympia. Un spectacle qui fait l'objet d'un album "
Plus live que
jamais".
"Hugh"
2007 est une année pour le moins chargée pour l'artiste qui rédige
d'abord un livre, "
Mes secrets pour rester jeune".
Mais c'est surtout
la sortie en septembre de son album "
Hugh" qui retient l'attention.
Un disque riche de quinze titres. Des
Chanson s dans lesquelles le grand
chef indien se raconte et déclame sa flamme pour ses principales
sources d'inspirations musicales, en particulier le folk, le jazz
manouche et les ballades éternelles.
Suit une tournée à travers la France, avec un passage par la salle
parisienne de l'Olympia du 19 au 21 octobre, et en Belgique notamment.
C'est également en fin d'année que sort le tome un de son autobiographie, "
Droit dans mes santiags 1929-1980".
Hugues Aufray est de retour sur la scène du Palais des Sports de Paris le 30 mai 2008.
Il faut attendre octobre 2009 pour qu'
Hugues Aufray effectue son retour à la faveur d'un nouvel album "New yorker" sur lequel l'artiste reprend des
Chanson s de
Bob Dylan , qu'il a fait découvrir dans l'hexagone, au début des années 60.
Pour l'accompagner en duo sur cet opus les plus grands noms de la
Chanson française :
Johnny Hallyday, Eddy Mitchell, Francis Cabrel, Jane Birkin, Bernard Lavilliers ou encore
Laurent Voulzy .
Le 6 et 7 novembre de la même année,
Hugues Aufray est sur la scène parisenne du Grand Rex dans la cadre d'une nouvelle tournée.
Alors que déferle la vague yéyé, les textes (discrimination ou
écologie...) et les couleurs musicales (le skiffle) choisis par
Hugues
Aufray continuent d'insuffler un vent nouveau.
Précurseur, l'artiste est demeuré fidèle à ses idées et à son art de
vivre, ce qui n'a pas manqué de l'éloigner des médias, lorsque le
public, toutes générations confondues, lui reste fidèle.