Dompteur de mots,
Pierre Perret acquiert très jeune le maniement de la
langue française et de ses dérivés. Ses parents, Maurice et Claudia,
tiennent le Café du Pont sur les rives de la Garonne. C'est là qu'il
apprend des clients le maniement de l'argot et la richesse du métissage.
Inscrit aux conservatoires de musique et d'art dramatique, il s'initie
au solfège, au saxophone et au théâtre. Un apprentissage qu'il parfait
avec son orchestre, fort de quatre musiciens qui se produit dans la
région de Toulouse, et la Troupe du Grenier de Toulouse, avec laquelle
il joue du Molière et du Shaekspeare.
L'appel de la musique est plus fort.
Adepte de
Georges Brassens,
Pierre
Perret se lie d'amitié avec l'artiste qui l'encourage dans sa carrière.
Amoureux du lanGage imagé,
Pierre Perret se mue également en poète pour
écrire ses premières chansons, dont "
Rosette".
Soucieux de d'approfondir plus encore sa maîtrise de la langue
française, après avoir fréquenté assidûment la librAIRie de Monsieur
Labadie, il parvient à rentrer dans l'intimité de
Paul Léautaud, qui
vit pourtant reclus. Seize ans après la mort de l'écrivain en 1972, il
ressortira de leur amitié un livre que
Pierre Perret intitulera "
Adieu
Monsieur Léautaud".
Les débuts
Alors qu'il accompagne à la guitare,
François Lô, qui se produit au
Trois Baudets,
Pierre Perret se risque à interpréter quelques unes de
ses compositions. Sa prestation, saluée par
Boris Vian, est également
remarquée par le propriétAIRe du cabaret, qui n'est autre que
Jacques
Canetti, qui lance nombre de carrières dont celle de
Jacques Brel. Son
impresario,
Emile Hebey, ne tarde pas à le présenter à
Eddie Barclay,
qui le fait signer sous son label.
Au milieu des années 50, les représentations se multiplient, en
particulier à la Colombe. Il se produit également à l'Olympia dans le
cadre des émissions "
Musicorama" d'
Europe 1.
Pierre Perret assure
même la première partie des Platters alors qu'il sort son premier 45
Tours : "Moi j'attends Adèle".
En 1958, le chanteur est stoppé dans son ascension par une pleurésie
qui le contraint à passer quasiment deux années dans un sAnatorium.
Apprécié de la profession, il n'a aucun mal a revenir et à offrir son
premier album : "
Le bonheur conjugal" en 1960.
Pour autant, le disque
se vend mal et Barclay décide de se séparer du chanteur qui rejoint le
label Vogue et connaît en 1963 son premier succès avec "
Le tord boyaux". Dès lors sa notoriété est grandissante. Une médiatisation qu'il doit
également aux "
Jolies colonies de vacances" que fredonne toute la
France en 1966. Un an plus tard, c'est à nouveau le succès avec "
Tonton Cristobal".
Nana Mouskouri et même
The Rolling Stones lui
offrent la première partie de leurs spectacles.
Rompu à la langue française
Poète et caricaturiste,
Pierre Perret se veut successivement grave et
drôle. Une maîtrise et une inspiration qui lui offrent de jouer au
cinéma, pour la première et ultime fois, dans le film de Claude Autant
Lara : "
Patates" en 1969.
L'année suivante, "
La cage aux oiseaux" est sur toutes les lèvres. Un
succès populAIRe qu'il retrouve plus encore avec "
Le zizi" en 1974. 5 milLions d'exemplAIRes de vendus pour le 45 tours et un milLion pour
l'album.
Pierre Perret se fait alors plus grave et délaisse les sujets
légers pour évoquer : le racisme avec "
Lily" qui lui vaut le prix de
la Ligue Contre le Racisme et l'Antisémitisme en 1977, la diversité
ethnique
"Mon p'tit loup" deux ans plus tard et les banlieues avec "
Y'a cinquante gosses dans l'escalier" et l'avortement avec "
Elle
attend son petit" en 1981.
L'artiste, qui continue de puiser son
inspiration dans les mélanges culturels et la langue française, revient
en 1983 avec l'album : "
Comment c'est la Chine", une république qu'il
a arpenté quelques mois plus tôt, et le "
Petit Perret illustré par
l'exemple", qui se révèle être une véritable encyclopédie argotique.
Quatre ans plus tard, cet épicurien sort "Au petit Perret gourmand"
dans lequel il se délecte du vocabulAIRe alimentAIRe. Membre du Conseil
supérieur de la langue française,
Pierre Perret réécrit en argot les
fables de La Fontaine qui font l'objet d'un véritable engouement dans
les milieux scolAIRes.
Brassage culturel
Au début des années 90 toujours, il se tourne de nouveau vers la
chanson et offre à ses adeptes un nouvel album : "
Bercy Madeleine" et
un intégral : "
Chansons de toutes une vie".
Son amour pour la langue
française et l'érotisme le conduit à publier à cinq ans d'intervalle "
L'anthologie de la chanson érotique" (1995) et
"L'anthologie de la
poésie érotique" (2000). Un thème qui est également au centre de
l'album "
Chansons éroticocoquines".
En rupture avec les "
Jolies colonies de vacances" et le "
Zizi",
l'artiste fait voler en éclat les clichés avec "
La bête est revenue"
et témoigne de son enGagement contre l'extrême droite. Ce pamphlet
contre le Front National en 1998 lui vaut de nombreuses lettres de
menaces. Quatre ans plus tard l'album "
Çui là" témoigne des problèmes
de société : la mondialisation ou encore la drogue.
Un an plus tard,
conscient que les dialectes ne sont pas seulement l'apAnage des
régions,
Pierre Perret écrit "
Le parler des métiers". Un ouvrage une
fois encore guidé par les innombrables possibilités offertes par la
langue française.
En 2006, sort "
Mélangez-vous" dans lequel il
revient sur l'importance que revêt pour lui le brassage des cultures,
dont il se fait le fervent défenseur lors de la tournée qui le mène aux
quatre coins de l'hexagone. En 2006 toujours, retour aux sources avec
son autobiographie "
Le café du Pont".
Par la suite, soucieux de ne pas rompre le lien qui l'unit à son
public,
Pierre Perret se produit dans l'ensemble de l'hexagone. Une
tournée qui l'amène jusqu'à avril 2007.
En 2008, il sort
"Les Dieux paillards" suivi, un an plus tard de " Les trésors de la paillardise ".
En 2010, Pierre Perret revient avec « La femme grillagée », un opus riche de douze chansons battis autour des thèmes de prédilection de l'artiste : la tendresse, l’humour, la poésie mais aussi des sujets d’actualité comme la burqa ou encore la violence conjugale.