Certains entrent en religion, d'autres épousent la musique ; dans tout
les cas une union ou une vocation est née. C'est le cas pour
Michel
Legrand qui, à quatre ans, joue du piano et, à dix, entre au conservatoire,
où il passe sept années durant lesquelles il est récompensé à moult
reprises.
Un artiste pluridisciplinaire Alors qu'il maîtrise plus d'une dizaine d'instruments, c'est vers le
jazz que ce surdoué se tourne à la faveur d'une représentation de
Dizzy
Gillespie.
Mais c'est en qualité d'accompagnateur de
Juliette Greco,
Catherine Sauvage ou encore d'
Henri Salvador que
Michel Legrand se fait
connaître.
Il est également sollicité aux Etats-Unis où il fait un
disque qui regroupe des adaptations de chansons françaises. Sa carrière
est également lancée dans le pays, où il se produit aux côtés de
Maurice Chevalier qui l'enGage comme accompagnateur. Il y enregistre
aussi plusieurs albums, dont
" Michel Legrand plays Cole Porter" en
1957.
Premières notes au cinéma
Dans les années 60, sa carrière s'oriente vers les musiques de films.
Michel Legrand entretient des liens privilégiés avec les réalisateurs de la
Nouvelle Vague, en particulier
Jean-Luc Godard pour lequel il compose
une dizaine de musique parmi lesquelles "
Bande à part" et "
Vivre sa
vie".
Rencontre déterminante également avec J
acques Demy.
La
collaboration est fructueuse plus de dix longs métrages jusqu'à la fin
des années 80, dont les comédies musicales "
Les parapluies de
Cher bourg" en 1964, "Les demoiselles de Rochefort" trois plus tard et
"Peau d'âne" en 1970, tous avec
Catherine Deneuve. Il collabore aussi
avec
Jacques Deray pour "
La Piscine".
Sa renommée Outre Atlantique
lui vaut aussi de composer pour des réalisateurs américains, tel que
Joseph Losey ("
Eva" en 1962).
Legrand Nougaro
Pour autant sa Passion du jazz demeure intacte ; une Passion que
Michel
Legrand partage avec
Claude Nougaro.
Le premier donne la note, le
deuxième apporte sa verve ; une symbiose qui donne naissance à deux
titres phares de l'oeuvre du Toulousain, "
Les Don Juan" et "
Le
cinéma".
Michel Legrand signe et arrange par ailleurs des chansons de
Serge Regianni ou encore d'
Yves Montand qui sont reprises notamment par
Liza Minnelli.
Accompagnateur, arrangeur et compositeur,
Michel Legrand entend
également s'adonner au chant. C'est
Jacques Brel , auprès de qui il a
justement été arrangeur, qui lui pousse dans cette voie, si bien qu'au
milieu des années 60, il travaille avec
Eddy Marnay, Françoise Sagan et
Jean-Loup Dabadie pour se constituer son propre répertoire.
L'artiste (re)fait son cinéma
En 1969, il est récompensé par l'Oscar de la meilleure chanson
originale de film pour "
Les moulins de mon coeur" (paroles d'
Eddy
Marnay), un titre qui fait partie de la bande originale de "
L'AffAIRe
Thomas Crown" de
Norman Jewison, sortie un an plus tôt.
En 1971, il brandit de nouveau la statuette pour "
L'été 42" et le
thème "
The summer knows" (texte de
Jean Dréjac) interprété par
Barbra Streisand , qu'il retrouvera sur "
Yentl" en 1983.
Ses
collaborations avec le 7éme art se poursuivent en France également.
L'histoire retient en particulier "
Les uns et les autres" de
Claude Lelouch et
"
Atlantic City" de
Louis Malle toujours en 1981.
Le jazz avant toute chose Une fois encore, il
est rattrapé par son amour du jazz, qui l'amène a créer un trio dans
les années 80 avec le batteur
André Ceccarelli et le contrebassiste
Marc-Michel Le Bévillon, avant d'accompagner
Ray Charles ou encore
Diana Ross .
En 2005, il rend hommage à
Claude Nougaro. Dans "
Legrand
Nougaro", il reprend la voix de son ami de toujours et réinterprète
quelques uns de ses titres plus ou moins connus.
Caroline LEBENBOJM