Tour de France : histoire d'une très... très... grande boucle

C’est l’une des compétitions sportives les plus célèbres au monde. La course cycliste qui sans conteste rassemble le plus de supporteurs. Le Tour de France 97è édition démarre le samedi 3 juillet à Rotterdam aux Pays-Bas. L’immense ferveur populaire du Tour ne s’est jamais démentie, malgré différentes affaires.

Tour de France 1964 Anquetil Poulidor MD
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On sort les pliants, la glacière, les sandwiches. Ou alors on s’installe confortablement devant la télé, en prenant bien soin de fermer les volets pour que le soleil ne gâche pas la vision. Le Tour de France est indissociable de l’été, et de la chaleur, même si quelquefois la météo fait des siennes. En 1996 le passage du col du Galibier avait été neutralisé en raison de la neige. Le Tour de France comme son nom l’indique parcourt un grand nombre de régions de l’hexagone. C’est donc un petit voyage à peu de frais, devant le téléviseur. Les incursions à l’étranger sont nombreuses, on en a l’illustration cette année avec le départ Néerlandais. La première fois que les coureurs sont sortis de France, c’était en 1906, soit trois ans seulement après la création du tour, avec une incursion en Allemagne. Le tour a donc eu très tôt envie de s’étendre.

 
Chronologie d’un succès

Le premier Tour de France se court en 1903. à l’époque, il n’y a que deux quotidiens sportifs en France, ce qui est toutefois deux fois plus qu’aujourd’hui : Vélo et L’auto. Vélo est imprimé sur du papier vert, L’auto sur papier jaune. Chacun, c’est logique, veut s’accaparer le plus grand nombre de lecteurs. Le journaliste de L’auto, Géo Lefèvre a alors l’idée d’organiser la plus grande course cycliste possible. Le Tour de France est né.

La première étape laisse augurer du niveau la compétition. Il faut rejoindre Lyon depuis Paris. Il y a six étapes en tout, pour un total de plus de 2400km ! Avec les 21 étapes d’aujourd’hui, les coureurs feraient plus de 8000 km. Les premières années, la domination est française, avant une hégémonie belge la décennie suivante. La course va s’internationaliser de plus en plus, avec l’apparition des italiens, des néerlandais ou des suisses.
 
 
Tout le monde court

Le Tour de France est indissociable des coureurs qui ont marqué son histoire. Le premier c’est bien sûr Maurice Garin, le premier vainqueur en 1903. puis vient un autre français, Lucien Petit-Breton, le premier à gagner le tour deux fois de suite. Les années 30 seront marquées par la présence d’Antonin Magne, les années 50 par Louison Bobet, puis viendra l’avènement de Jacques Anquetil, et celui d’Eddy Merckx, le cannibale belge. Bernard Hinault redonnera un peu de couleur au camp français, rejoint par Laurent Fignon. L’Espagne aura son mot à dire avec Miguel Indurain, dominateur quarante ans après Bahamontes. Ensuite, ce sera l’ère Armstrong, sept succès de suite, record du genre. Un record au goût douteux.

 
L’ombre du dopage

Epreuve surhumaine s’il en est, le Tour de France a eu presque éternellement des soupçons de dopage de la part de ses observateurs. Dès les années 20, le journaliste Albert Londres recueille le témoignage des frères Pélissier qui expliquent tous les détails du pot belge, un mélange de produits dopants contenant notamment amphétamines, antalgiques, héroïne et cocaïne. Dès lors il y aura toujours un fossé entre ceux qui condamnent le dopage, l’arme illusoire des plus faibles d’après Antoine Blondin, et ceux qui laissent faire. Il faudra le décès de Tom Simpson en 1967 pour que naisse un véritable électrochoc, d’autant que l’on retrouve des traces d’amphétamines dans le corps du coureur britannique. Le combat est engagé, mais la recherche a toujours un temps de retard sur les tricheurs, et le silence est la règle d’or, jusqu’en 1998 et l’affaire Festina qui met en lumière la pratique généralisée du dopage depuis les coureurs jusqu’au monde médical. Dès lors les performances hors normes resteront douteuses, même celles qui n’ont pas eu de sanction. Dans le même temps, les contrôles sont toujours plus poussés, et le retard pris par les autorités de contrôle semble de plus en plus mince. En 2007 le danois Rasmussen alors maillot jaune doit quitter l’épreuve.

 
Au bord des routes


Les scandales, les exclusions, les déclassements, les soupçons… Finalement tout cela n’a pas changé ce qui fait l’une des spécificités du Tour de France : l’extraordinaire soutien des milliers de spectateurs le long des routes. Qui n’a pas vu le public dans la montée de l’Alpe d’Huez ne sait pas ce qu’est la ferveur populaire, quand les coureurs doivent carrément se frayer un chemin à travers la foule qui s’écarte au tout dernier moment. A ce moment impossible de penser au dopage ou à la tricherie. Le Tour de France reprend sa fonction première. Celle d’une véritable fête, sportive et populaire.

XH
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