David Bowie : cinq chansons, cinq styles musicaux différents

Outre ses 150 millions d’albums vendus, David Bowie a laissé une trace indélébile dans la musique grâce à un éclectisme sans égal. Voici notre top 5 de ses chansons symboles de cette diversité.

© © Dave Benett / Getty Images

Le space rock de "Space Oddity"

Dès son premier succès, David Bowie annonce ce que sera sa carrière : une suite de morceaux musicalement très innovants et appartenant à des styles presque inclassables, portés par un personnage haut en couleur. Fasciné par le film culte de Stanley Kubrick "2001 : l'Odyssée de l'Espace" sorti en 1968, l'auteur-compositeur-interprète anglais s’en inspire pour écrire dans la foulée son "Space Oddity" qui lui permet d’obtenir une première reconnaissance auprès du grand public. Tiré de l’album du même nom, ce morceau psychédélique racontant l'histoire de l’astronaute imaginaire Major Tom devenant naufragé de l’espace est l’un des titres pionniers du space rock avec "Astronomy Domine" des Pink Floyd (1967). Baignant dans l’univers de la science-fiction, "Space Oddity" utilise dans sa mélodie des instruments expérimentaux propres à ce style de rock progressif comme le mellotron (clavier polyphonique) et le stylophone (synthétiseur).

Le glam rock de "Starman"

Si "Starman" est l’un des autres gros succès de David Bowie se rapportant au thème de l’espace, il est plutôt à ranger du côté du glam rock qui apparaît au début des années 70. Comme souvent précurseur, David Bowie se retrouve totalement dans ce genre musical qui combine des comportements extravagants (cheveux décolorés, maquillage excentrique, paillettes, style parfois androgyne, etc.) et un rock plus épuré que le space rock. En 1972, il sort le concept album "The Rise and Fall of Ziggy Stardust and The Spiders from Mars" où il incarne la star androgyne du futur Ziggy Stardust. La chanson éponyme et le titre "Starman", tous deux issus de cet opus, font partie des plus grands succès de l’histoire du glam rock avec le morceau "Life on Mars". Présent dès 1971 sur l'album "Hunky Dory", "Life on Mars" ne sortira en single qu'en 1973, prenant la suite du phénomène Ziggy Stardust qui laissait alors peu de place aux autres titres de l’artiste.

La new wave de "Ashes To Ashes"

Tirant son nom de sa grande sœur du septième art "La Nouvelle Vague", la new wave musicale apparaît à la fin des années 70. Après avoir coécrit dès 1976 avec Iggy Pop un premier titre du genre avec le célèbre "China Girl" né de son escapade berlinoise, David Bowie enregistre en 1980 l'album "Scary Monsters (and Super Creeps)", son deuxième opus new wave après le très singulier "Low" (1977). Plus accessible au public, le titre "Ashes To Ashes" est l’un des hymnes du mouvement des Nouveaux Romantiques qui associe la new wave à quelques codes vestimentaires du glam rock. Le clip, dans lequel David Bowie endosse un costume de Pierrot, participe fortement à la popularité du titre. L'autre grand succès de l’album "Scary Monsters (and Super Creeps)" est le morceau "Fashion", qui emprunte à la new wave et pose les premières bases du glissement de David Bowie vers le dance-rock grâce à ses arrangements très funk.

Le dance-rock de "Let’s Dance"

Seul single de David Bowie à s’être classé numéro 1 du célèbre Billboard Hot 100 américain avec le titre "Fame" (qui était un pur morceau funk-rock sorti en 1975), "Let’s Dance" est à la base une chanson folk mélodieuse. Mais en novembre 1982, la rencontre entre David Bowie et le producteur-compositeur Nile Rodgers du groupe Chic, précurseur du disco-funk, en décide autrement et accouche d’un morceau très dansant. La production extrêmement dynamique signée Nile Rodgers contraste avec les paroles légères tirées d'un conte d'Andersen et le look plus sage de David Bowie qui tient là le tube de l’été 1983 et l’un des morceaux préférés des discothèques. Enregistré à New York en 17 jours et coproduit avec Nile Rodgers, l’album "Let’s Dance" est l’opus le plus vendu de David Bowie, mais l’un des moins appréciés par l’artiste. Ce dernier juge en effet que ces sonorités dance, funk ou post-disco très dansantes et populaires l’ont fait tomber dans la facilité et ont entraîné un manque de créativité de sa part pendant plusieurs années.

Le jazz fusion de "Blackstar"

Grand amoureux de jazz, David Bowie a toujours été influencé par ce style musical. Joueur de saxophone depuis ses 13 ans et ses premières escapades dans des clubs de jazz, l’auteur-compositeur-interprète aura d’ailleurs glissé des sonorités jazz dans nombre de ses morceaux durant sa carrière, comme dans "Young Americans" (1975). Mais c’est à la fin de sa vie que le chanteur a souhaité se consacrer davantage à ce style de musique. Après le titre "Sue (Or in A Season of Crime)" joué et arrangé par l'orchestre jazz de Maria Schneider qui sort en 2014 sur la compilation "Nothing Has Changed" et remporte un Grammy, David Bowie décide de sortir un album presque 100 % jazz. Enregistré avec le saxophoniste Donny McCaslin, l’opus "Blackstar" a pour couleur musicale le jazz fusion, mélange de jazz et d’autres styles de musique. Numéro 1 des ventes un peu partout dans le monde, ce dernier album de l’artiste avant sa mort contient notamment le titre éponyme, considéré comme une pépite de jazz expérimental. Teinté également de musique électronique, le morceau peut se classer dans le jazztronica, style mêlant électro et jazz.