Fiat 600 (La)

L'Italie, c'est évidemment la dolce vita, la place Saint Marc, ses pigeons, Vittorio Gasman, Sophia Loren ou encore Gina Lollobrigida et sur la photo de famille, l'incontournable Fiat. La marque lancée par Giovanni Agnelli... Après sa grande soeur, la Fiat 500 (Topolino, le nom de Mickey Mouse en Italie) dont la première version remonte à 1936, la Fiat 600 va prendre sa suite en 1955 pour achever de mettre l'Italie sur les roues.

Satisfaire la classe populaire, dont l'avidité de mobilité et déjà largement comblée par la Vespa sortie des usines Piaggio dès 1946, c'est l'objectif de la Fiat 600.

Nous sommes alors en plein boom économique d'après guerre, en 1951 exactement.
Fiat entend créer une petite voiture capable de transporter quatre personnes à 85 km/h.

Dante Giacosa, futur créateur de la nouvelle Fiat 500 qui verra le jour en 1957, s'entoure d'une dizaine de dessinateurs pour concrétiser le projet. Un premier modèle, avec notamment un embrayage semi-automatique, est présenté en 1952, sans succès.
La marque préfère jouer les valeurs sûres et revient donc à un quatre cylindres refroidis par eau et une transmission à quatre vitesses.
Un an plus tard, dix voitures sont construites.

Il faut néanmoins attendre 1955 et la transformation des usines Fiat de Mirifiori pour que la production en série soit effective.


Une voiture qui a du coffre

Officiellement présentée au salon automobile de Genève en mars 55, la Fiat 600 se targue d'atteindre les 95 km/h pour un budget et un entretien réduits.

A l'instar de la France et de sa 4 CV et de l'Allemagne et de sa Coccinelle, l'Italie a maintenant, elle aussi, sa voiture populaire.
La Fiat 600 atteint des hauteurs : un peu plus de 3 mètres 20, une banquette arrière repliable, des clignotants disposés sur les ailes avant au dessus des phares et une égérie hors du commun en la personne de Sophia Loren.

Deux ans plus tard, toujours lors du salon de Genève, la Fiat 600 se dote de nouveaux apparats : des vitres descendantes, une puissance qui passe à 22 CV avant d'atteindre en 1959 les 28,5 CV pour 100 km/h.
Dans le même temps, les clignotants, devenus plus classiques, sont placés sous les phares.

Entre 1955 et 1960, 891.107 exemplaires seront produits.
A compter de 1960, la Fiat 600 devient la 600 D, passe à 32 CV et atteint les 110 km/h.
Entre 1960 et 1970, 1 561 000 exemplaires sont écoulés.
En juin 1964, les portes s'ouvrent, enfin, dans le bon sens et les charnières jusqu'alors apparentes sont désormais invisibles de l'extérieur.
Enfin, un an plus tard, le modèle se dote de phares plus volumineux, d'une nouvelle calandre à une seule barrette et de butoirs de pare-chocs en caoutchouc.

D'ultimes modifications avant l'arrêt de sa production en Italie en 1970. C'est la Fiat 850 qui lui succèdera.


" Sur terre, sur mer et dans les airs "

La route ne s'arrête évidemment pas en Italie pour la Fiat 600 qui a rencontré le succès dans de nombreux pays.

En France, elle est commercialisée par le réseau Chardonnet jusqu'en 1968.

En Allemagne, la firme Neckar, filiale allemande de Fiat, assemble une réplique de la Fiat 600, baptisée Jagst à partir de 1956. Elle devient en septembre 60, la Jagst 770, puis la Jagst 2 quatre ans plus tard.

En Espagne, c'est Seat qui se charge de sa fabrication et qui lance une version allongée produite jusqu'en 1974. En Argentine, où elle dispose d'une calandre modifiée et de pare-chocs renforcés, elle est produite jusqu'en 1982.

En Yougoslavie, la filiale yougoslave Zastava, la commercialise jusqu'en 1986.

Au total, 4 940 000 unités auront été produites... Une petite qui aura tout eu d'une grande...

Caroline LEBENBOJM