Françoise Hardy : All Over the World connaît une deuxième jeunesse

La reprise de All Over the World par la jeune artiste Katie Melua donne l’occasion à Françoise Hardy d’en dire plus sur ses secrets de créations.

Depuis La pluie sans parapluie, Françoise Hardy s’était fait rare en musique. Katie Melua lui donne l’occasion de revenir à ses premières amours en reprenant son titre le plus connu Outre-Manche, All Over the World. Les deux artistes se sont rencontrées à l’occasion d’une interview. ”Je compose à la guitare, a répondu Françoise Hardy à Katie Melua dans les colonnes de Paris Match. Je suis extrêmement limitée car je ne connais que trois ou quatre accords.”

Le fait de n’avoir que peu de théorie musicale est cependant loin d’être un handicap pour Françoise Hardy. ”Quand je faisais de la scène, continue-t-elle, j’étais accompagnée par un guitariste qui avait joué avec Stan Getz . Pour une raison que je ne saisissais pas, il aimait beaucoup mes chansons. Il m’expliqua un jour que les gens qui ne sont pas de vrais musiciens, qui n’ont pas de connaissances musicales, composent parfois des choses étonnantes car ils enfreignent des règles ou des conventions dont ils ignorent l’existence.”

Françoise Hardy dit toujours non à la scène

La scène a toujours été la hantise de Françoise Hardy. ”Je n’ai jamais aimé la scène car j’étais (et c’est encore pire aujourd’hui en vieillissant) limitée vocalement, dit-elle. Et aussi rythmiquement. Je ne pouvais pas me reposer sur ma voix. Je n’étais jamais à l’abri d’une défaillance, d’une fausse note. Et je déteste voyager.” Dès qu’elle a eu l’occasion d’arrêter, elle n’a pas hésité. ”C’est au Congo, à Kinshasa, que j’ai donné mon dernier concert, en 1968. Mon producteur de l’époque m’a dit que nous allions faire un break, mais je savais au fond de moi que je ne remonterai jamais sur une scène.”

Katie Melua a pourtant insisté lors de cette rencontre, comme bon nombre de ses fans, pour qu’elle remonte sur scène. Françoise Hardy ne changera pas d’avis. ”C’est comme la danse ou le sport, explique-t-elle. Quand on a arrêté, on ne peut pas y revenir. Cela dure depuis plus de trente ans.”