Harley-Davidson

Un look reconnaissable entre mille, une mécanique de prestige, une vraie communauté de fans à travers le monde, la Harley-Davidson est plus qu'une grosse cylindrée, elle représente aussi et surtout un état d'esprit.

"Je n'reconnais plus personn' en Harley Davidson...", chantait Brigitte Bardot dans les années 60.

En tout cas difficile de ne pas reconnaître une Harley tant son style et son bruit de moteur sont singuliers (qualifié de "potatoe-potatoe sound ") !
L'histoire tout d'abord de jeunes futurs ingénieurs passionnés de mécanique et bien décidés à créer leur propre modèle d'exception.


L'origine

La compagnie "Harley-Davidson" a connu ses premiers balbutiements en 1903 à Milwaukee dans le Wisconsin aux Etats-Unis (bien qu'on considère le dessin d'un moteur adaptable sur un vélo par William S. Harley en 1901 comme le point de départ de l'aventure).
En 1903, William S. Harley a 23 ans. Avec son copain d'enfance, Arthur Davidson, et aidé du frère de ce dernier, Walter Davidson, il conçoit un engin destiné à la course mais qui ne les satisfait pas complètement.

C'est dans l'atelier en bois au fond du jardin de la famille Davidson que naît leur première "vraie" moto, celle dont le moteur plus puissant (405 CC) et le nouveau design marquent le début de la modernité dans l'industrie de la motocyclette.

Elle devint opérationnelle à partir de septembre 1904, date à laquelle elle finit quatrième d'une course à Milwaukee.
La première trace de l'existence d'une Harley-Davidson dans l'histoire de la moto....


De la conception à la vente...


Le premier commerçant officiel de Harley-Davidson s'appelle Carl H. Lang. Il officie alors à Chicago et vend, en 1905, 3 des 12 motos fabriquées dans le hangar en bois des frangins Davidson.
D'ailleurs, il s'agit maintenant pour les associés de construire une réelle usine.

En 1906, ils s'installent dans un bâtiment en bois d'un étage situé sur Chestnut Street, rebaptisée plus tard Juneau avenue.
Un an après, en septembre, apparaît officiellement la "Harley-Davidson Motor Company" dont les actions sont divisées entre William S. Harley et les trois frères Davidson. 18 employés travaillent pour la compagnie.

Entre 1907 et 1914, l'usine s'agrandit, la production augmente, les exportations au Japon commencent, la marque se fait un nom, et les motos passent progressivement du monocylindre au fameux bicylindre en forme de "V". C'est l'expansion dans toute splendeur, et la 1ère Guerre Mondiale éclate... En route vers le succès

Durant l'année 1917, environ un tiers des Harley-Davidson produites est vendu à l'armée américaine impliquée dans le conflit.
Près de la moitié l'année suivante. Ce qui fera approximativement 20 000 Harley-Davidson vendues et utilisées par les militaires.

Pour la petite histoire, le caporal Roy Holtz sera le premier américain à entrer en Allemagne en 1918... sur une Harley ! Les années 20 marquent ensuite le développement des ventes à travers 67 pays (soit 2 000 distributeurs).

Un porc ("Hog" en anglais), mascotte de l'équipe Harley-Davidson en compétitions sportives, était alors transporté sur la moto victorieuse durant un tour d'honneur, tel un drapeau !

En 1983, la compagnie utilisera même l'acronyme "HOG" pour créer une association de possesseurs de Harley baptisée "Harley Owners Group".
Une façon de partager leur passion.
Au milieu des années 20, toutes les motos sont équipées du fameux réservoir en forme de "larme".
Nous sommes également à une époque où les Harley-Davidson atteignent des vitesses comprises entre 140 et 160 kilomètres/heure et où tous les engins bénéficient désormais de freins sur les roues avant (1928).


Savoir s'adapter...


En pleine révolution mécanique, la compagnie est heurtée de plein fouet - comme la majorité des industriels de l'époque - par la grande dépression qui toucha les Etats-Unis à partir de 1929 (effondrement de la bourse), et jusqu'au début de la seconde guerre mondiale.

Entre 1929 et 1933, les ventes chutent de 21 000 à 4 000 produits. Harley-Davidson et son grand concurrent, Indian, deviennent les seuls constructeurs américains de motos, et cela jusqu'en 1953. Une deuxième guerre mondiale éclate en 1939. Comme 25 ans auparavant, la compagnie va recentrer son activité pour fournir de nouveaux modèles à l'Armée américaine (90 000 motos au total).
Des modèles qui seront vite remplacés par la "Jeep". En 1945, alors que la guerre s'achève, Harley Davidson revient rapidement à la production civile et à la compétition sportive. ... avant de connaître l'apogée !

En 1953, son principal concurrent, la société "Hendee Manufacturing" (qui fabrique les motos "Indian") stoppe son activité laissant Harley-Davidson comme seul constructeur américain durant les 46 ans à venir.

A cette époque, sa suprématie se traduit également sur les circuits de courses et Harley Davidson continue, bien sûr, d'apporter de nouvelles évolutions à ses modèles (Suspensions hydrauliques à l'arrière en 1958).
Notons tout de même que durant ces années et jusque dans les 70's, l'industrie Hollywoodienne donna une image plutôt négative de la Harley.
Elle associait souvent la marque dans ses films avec des gangs de motards hors-la-loi.
Par ailleurs, Harley-Davidson a très longtemps été intimement liée aux "Hells Angels" qui n'ont pas toujours eu bonne réputation.


La Harley-Davidson au 7éme art


Dans le même temps, la popularité de la marque est telle qu'on la retrouve dans des films cultes tels que "L'Equipée Sauvage" (1953)avec Marlon Brando, dans "Easy Rider" de Dennis Hopper avec Peter Fonda (1969), ou en musique ("Harley Davidson" de Serge Gainsbourg pour Brigitte Bardot en 1967).


De rachats en rachats


Les années 60 se terminent avec le rachat de la firme par la compagnie "American Machinery and Foundry".
Les nouvelles directions entreprises ne plaisent pas aux ouvriers qui décident de faire grève.
Autre coup dur : les ventes dégringolent et la marque perd en notoriété. "Harley-Davidson" est moquée en "Hardly Driveable", c'est çà dire "A peine utilisable" ! En 1981, la société est de nouveau rachetée, mais cette fois-ci par 13 cadres "Senior" de la compagnie, soucieux de redresser la barre. Ils mettront 80 millions de dollars sur la table.

La concurrence japonaise fait rage mais plutôt que de copier ce nouveau marché très attractif, Harley-Davidson décide de garder son style devenu "retro" et l'aspect "customisation" cher aux bikers de l'époque.


Ça marche !

Les acheteurs reviennent, attirés par le look et l'estampillage "Made In America" qui s'oppose aux caractéristiques des produits asiatiques.
Dès 1990, Harley Davidson reprend sa place de leader parmi les fabricants de grosses cylindrées, son créneau de toujours. La Harley devient alors un modèle de collection que les acheteurs s'arrachent, tant pour sa mécanique que par ce qu'elle représente : une moto de légende...


Harley-Davidson, une grande famille

Les motos "Harley-Davidson" sont aujourd'hui principalement déclinées sous 5 grandes familles :

- Sportser : conçues à l'origine pour en faire des bécanes de course. Plus légères et petites que les autres modèles.

- Dyna : on les reconnaît notamment grâce à leurs belles suspensions chromées typiques et un double-moteur plus imposant que ceux des "Sportser".

- Softail : très typé "chopper " des années 60 et 70 avec, par exemple, des suspensions arrière invisibles. La tradition à l'état pur.

- VRSC : les concurrentes des "japonaises", avec un design beaucoup moins traditionnel.

- "V-Rod" a été le premier modèle à avoir bénéficié du liquide de refroidissement chez Harley. Une machine de compétition ! - Touring : sans nul doute les plus confortables des "Harley" avec le pack complet "Radio/CB", mais aussi les plus chères. Pour les amoureux de belles ballades...

Christophe Hulin