Jean-Louis Aubert : "Bleu Blanc Vert", un album engagé

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Deuxième album studio de Jean-Louis Aubert, "Bleu Blanc Vert" a posé les bases du succès de sa carrière solo, avec une musique plus pop et des paroles très personnelles.

L’album de l’émancipation pour Jean-Louis Aubert

Un an après la séparation de Téléphone en 1986, Jean-Louis Aubert sort un premier album appelé "Plâtre et Ciment". Ce disque est composé de morceaux que l'artiste avait composés initialement pour le groupe et le succès "Juste une illusion" reprend d’ailleurs l’ADN musical des plus grandes chansons de Téléphone. C’est donc avec "Bleu Blanc Vert" sorti le 1er septembre 1989 que Jean-Louis Aubert lance véritablement sa carrière solo. Déjà, cet album est crédité sous le nom de Jean-Louis Aubert et non pas de "Jean-Louis Aubert 'n' Ko" comme le précédent. Et si son grand ami Richard Kolinka, batteur de Téléphone, l’accompagne encore, la musique de cet opus se démarque de celle du groupe. Mis à part le titre "Le Bout du rouleau" qui avait été enregistré avec Téléphone mais n’avait pas été inclus dans le dernier album du groupe "Dure Limite", les chansons de "Bleu Blanc Vert" marquent un nouveau cycle musical pour Jean-Louis Aubert. L’artiste s’adoucit dans sa musique, devenue moins rock, mais pas dans ses paroles.

"Bleu Blanc Vert", un opus engagé pour la planète

Composés par Jean-Louis Aubert, les 15 morceaux de "Bleu Blanc Vert" ont tous une couleur pop, mais teintée de sonorités pouvant être très différentes les unes des autres. On découvre par exemple des rythmes africains sur "Locataire", dont les chœurs sont assurés notamment par Princess Erika, des mélodies très douces dans "Sid'aventure" et "Voilà, c’est fini", et un retour au rock pur et dur dans "Attentat" sur lequel Axel Bauer joue de la guitare. Tous ces titres ont une trame commune, celle de l’amour de l’artiste pour la Terre. En avance sur son temps, Jean-Louis Aubert met cet album aux couleurs de l’écologie, remplaçant dans son nom le rouge du drapeau français par le vert de l’environnement. Sans être militant, Jean-Louis Aubert fait un constat lucide sur l’impact néfaste de l’homme sur la planète et délivre son message de tendresse pour la nature dans plusieurs chansons comme "Locataire", "Univers" ou encore "Ils cassent le monde", mise en musique d’un poème de Boris Vian.

Un album très personnel qui lance la carrière d’un artiste humaniste

Dans "Bleu Blanc Vert", Jean-Louis Aubert se livre sur quasiment tous les titres. Il signe notamment "Attentat", une chanson sur le terrorisme, et "Sid'aventure", un morceau sur le sida à une époque où l’épidémie est très forte en France. Ami d’enfance de Jean-Louis Aubert et leader du groupe Lili Drop, Olivier Caudron a d’ailleurs appris en 1985 qu’il était séropositif. Jean-Louis Aubert se dévoile aussi sur "Voilà, c’est fini" qui parle de ruptures amoureuses et de celle avec son groupe Téléphone. Plus grand succès de cet album, "Voilà, c’est fini" est devenu l’un des titres les plus connus de la carrière solo de Jean-Louis Aubert. L’album "Bleu Blanc Vert" en a été le catalyseur, confortant Jean-Louis Aubert dans son choix d’écrire et composer des chansons plus pop et souvent humanistes. Il a notamment préparé la confection et le succès de "H", sorti en 1993, considéré comme le meilleur album de Jean-Louis Aubert en solo.