"Le Temps qui court" d’Alain Chamfort : de l'originale à la reprise des enfoirés

"Le temps qui court " d’Alain Chamfort est une reprise de "Could It Be Magic " du célèbre chanteur américain Barry Manilow. Retour sur la genèse de ce succès qui connut de nombreuses adaptations.

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Un titre écrit par admiration pour une chanteuse

Le chanteur et compositeur Barry Manilow est l'un des chanteurs qui ont vendu le plus de disques aux États-Unis. À l’instar de légendes de la musique comme Elvis Presley, Elton John ou Barbra Streisand, il a écoulé des millions d’exemplaires de ses chansons et produit des succès pour les plus grandes stars. En 1973, il décide de faire part de son admiration pour la chanteuse Melissa Manchester en écrivant le titre "Could It Be Magic". Adaptant un prélude de Frédéric Chopin, le titre est immédiatement un succès outre-Atlantique.

Un renouveau artistique pour Alain Chamfort

En France, le titre est reçu par Mariette Gaucher alors programmatrice de RTL et épouse du célèbre parolier Jean-Michel Rivat. Elle conseille à son mari d’en écrire l’adaptation française. Ce dernier se lance dans la rédaction d’un texte totalement différent du sujet original de la chanson. Il y narre les différentes étapes de la vie d’un homme le long de son existence. Il propose le texte à Alain Chamfort qui souhaite alors se démarquer de l’image de chanteur à midinettes qui lui est associée depuis qu’il travaille avec le label Flèche. Le chanteur apprécie la chanson et accepte de l’enregistrer, malgré le désaccord de Claude François qui trouvait le titre trop lent et mal adapté à la diffusion en radio. "Le temps qui court" sort en 1975 et permet à Alain Chamfort d’acquérir une certaine crédibilité artistique. La chanson connaît un succès modéré dans l’Hexagone où elle se classe dans le top 20 des meilleures ventes de disques. "Le temps qui court" marque la fin de la collaboration d’Alain Chamfort avec la maison de disques Flèche de Claude François.

De nombreuses adaptations à travers les décennies

Au même moment, à la fin des années 70, la version disco de "Could It Be Magic" par Donna Summer produite par Giorgio Moroder est un énorme succès international et permet la popularisation du titre aux quatre coins de la planète. Près de 20 ans plus tard, la mode des boys-band qui s’empare de la planète remet le titre sur le devant de la scène. Le célèbre groupe anglais Take That porté par Robbie Williams reprend la chanson en 2001. En France, "Le temps qui court" sera réinterprété par Alliage et connaîtra un succès national et en Belgique. En 2006, les Enfoirés en font un de leurs hymnes lors du spectacle "Le village des Enfoirés" enregistré à la halle Tony Garnier de Lyon. Une fois de plus le succès est au rendez-vous pour les artistes engagés dans le soutien de l’œuvre de Coluche. Le titre se classe parmi les meilleures ventes de l’année et atteint la quatrième place des classements.