Les Rita Mitsouko, un groupe très cinématographique

Auteurs de nombreuses chansons empruntées par le septième art, Les Rita Mitsouko ont aussi eu l’honneur de tourner avec Jean-Luc Godard. Récit.

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Des clips loufoques mais extrêmement travaillés

Originaux dans leur musique, Les Rita Mitsouko l’étaient aussi dans leurs clips vidéo. Faisant partie des premiers groupes français à donner beaucoup d’importance à ses clips, le duo s’entoure de grands noms pour les réaliser. Dès son premier single "Marcia Baïla", le ton est donné. Ultra-loufoque et coloré, le clip réalisé par Philippe Gautier colle totalement avec la musique du titre, et participe grandement à son succès. Philippe Gautier, qui deviendra l’un des réalisateurs de clips les plus sollicités (Étienne Daho, Téléphone, Eurythmics, etc.), signe ensuite notamment le clip d'"Andy" en 1986. Si les deux autres singles à succès de l’album "The No Comprendo" ("C'est comme ça" et "Les histoires d'A.") sont réalisés par un autre grand spécialiste français du genre, Jean-Baptiste Mondino, le duo va ensuite faire souvent appel à des réalisateurs de longs métrages. Parmi eux, on retrouve notamment Olivier Babinet qui a réalisé "Swagger", nommé aux Césars 2017 dans la catégorie meilleur film documentaire.

Le septième art a adoré leurs chansons

Considéré comme l’opus mythique des Rita Mitsouko, l’album "The No Comprendo" comprend également le titre "Nuit d’ivresse" sorti en 1986. Générique du film culte du même nom écrit et joué par Josiane Balasko, "Nuit d’ivresse" ouvre la porte à l’utilisation fréquente des chansons des Rita Mitsouko au cinéma. Dès les années 1980, les titres du groupe se retrouvent aussi bien dans des films français comme "La vie est un long fleuve tranquille" d'Étienne Chatiliez, que dans des longs métrages américains tels que le blockbuster "Black Rain" de Ridley Scott. Deux grands réalisateurs français, Agnès Varda (pour "Kung-fu Master" et "Sans toit ni loi") et André Téchiné (pour "Les Témoins", "Ma saison préférée" et "Les Voleurs") vont eux puiser de manière récurrente dans le répertoire des Rita Mitsouko. En solo, Catherine Ringer écrira plusieurs titres spécialement pour des films, dont "Doux Daddy" pour "Les Trois Frères" des Inconnus, "L'Adèle" pour "Adèle Blanc-Sec" de Luc Besson, et "Les Bohémiens" pour "Liberté" de Tony Gatlif.

Un duo qui fascinait Jean-Luc Godard

Mais l’expérience la plus intense des Rita Mitsouko avec le septième art a sans doute été leur rencontre avec Jean-Luc Godard. Au milieu des années 1980, le réalisateur de "À bout de souffle" démarre un nouveau projet hybride (moitié fiction, moitié reportage) et contacte Les Rita Mitsouko pour sa partie documentaire. Le film, sorti en 1987, nous plonge en immersion dans le domicile/studio du duo qui est en train de travailler sur son album "The No Comprendo", souvent considéré comme le plus mythique. Dans une période où Jean-Luc Godard aimait montrer la valeur du travail, l’alchimie du couple Catherine Ringer - Fred Chichin qui compose cet album à quatre mains est magnifique à voir.