« Nelson Mandela 70th Birthday Tribute » : un anniversaire de légende

25 années que Nelson Mandela est emprisonné pour son combat contre l'Apartheid. Ce 11 juin 1988 à Londres, un parterre de stars chante pour demander sa libération qui n'interviendra qu'en 1990.

Le 11 juin 1988, se tient au Stade de Wembley l'un des plus longs et des plus médiatiques concerts donnés pour honorer Nelson Mandela qui va fêter ses 70 ans le 18 juillet.

Pas moins de soixante-sept pays suivent la retransmission de la prestation géante, pour une audience totale de 600 millions de téléspectateurs.

Durant près de 11 heures, les artistes se succèdent sur scène. Ils entendent défendre Nelson Mandela qui aura passé 27 ans emprisonné pour s'être opposé à la ségrégation raciale en Afrique du Sud.

Sting dédie son " Message in the bottle" à Nelson Mandela

L'ex de The Police est l’un des premiers à monter sur scène. Présenté par Harry Bellafonte, le chanteur interprète pas moins de quatre titres : « If You Love Somebody Set Them Free », « They Dance Alone », « Every Breath You Take » et « Message in a Bottle ».

C'est ensuite au tour de George Michael d'entrer sur scène. L’artiste britannique interprète « Village Ghetto Land », « If You Were My Woman » et « Sexual Healing ».

Eurythmics accepte également de défendre la cause chère à Nelson Mandela et demande sa libération. Le groupe ne fait pas les choses à moitié et c’est un véritable set qu’il propose au public, avec pas moins de huit hits en live : « I Need a Man », « There Must Be an Angel (Playing with My Heart) », « Here Comes the Rain Again », « You Have Placed a Chill in My Hearts », « When Tomorrow Comes », « Sweet Dreams (Are Made of This) » et « Brand New Day ».

Toutes les générations unies pour Nelson Mandela

La jeune génération laisse place ensuite à Al Green, qui chante « Let’s Stay Together », puis à Joe Cocker et à son légendaire « Unchain My Heart ».

Le duo Ashford & Simpson, quant à lui, joue son hit « Ain’t No Mountain High Enough », tandis que Natalie Cole séduit avec son « Pink Cadillac ».

A la fin de son interprétation, elle accueille Al Green, Joe Cocker, Ashford & Simpson, Jonathan Butler et Freddie Jackson sur scène pour interpréter ensemble : « He’s Got the Whole World in His Hands » et « Higher and Higher ».

Tracy Chapman, qui elle aussi lutte ensuite contre les discriminations et l’apartheid, interprète « Why? », « Behind the Wall » et « Talkin’ Bout A Revolution ». Il s’agit pour l'artiste de sa première prestation live retransmise en direct. Son premier album vient de sortir et le monde découvrait son vibrato.

Les Bee Gees sont également présents pour célébrer Nelson Mandela. Le trio chante « You Win Again » et « I’ve Gotta Get a Message to You ».

UB 40 aussi monte sur scène pour chanter deux premiers titres, « Rat in Mi Kitchen » et « Red Red Wine », avant d’être rejoint sur scène par Chrissie Hynde pour « I Got You Babe » et « Breakfast in Bed » et " Sing Our Own Song ".

Simple Minds et « Mandela Day »

Simple Minds apparaît. Le groupe est l’un des premiers à accepter de participer au concert. La bande de Glasgow a envoyé une lettre à Jerry Dammers, le chanteur de The Specials, alors en contact avec Tony Hollingsworth, à l’origine du concert anniversaire de Nelson Mandela.

Ils interprètent « Waterfront », puis « Summertime Blues » avec Johnny Marr. Suivent l’incontournable « Mandela Day », « Sanctify Yourself », « East at Easter » et « Alive Kicking ».

Enfin, Peter Gabriel et Youssou N’Dour sont venus donner de la voix pour « Biko ».

D’autres artistes viennent les rejoindre pour chanter « Sun City » : Steven Van Zandt, Meat Loaf, Jackson Browne et Daryl Hannah.

Simple Minds achève sa prestation avec Jerry Dammers pour chanter « Free Nelson Mandela ».

Stevie Wonder, arrivé le matin même, se rend directement de l’aéroport au stade de Wembley où, après un rapide échauffement avec ses musiciens, il arrive sur scène.

Après avoir chanté « I Just Call to Say I Love You », le chanteur discourt en soutien à Nelson Mandela, puis poursuit avec le titre « Dark ‘n Lovely ».

Enfin, les Dire Straits, avec Eric Clapton, montent sur scène pour interpréter leurs plus grands hits : « Walk of Life », « Sultans of Swing », « Romeo and Juliet », « Money for Nothing », « Brothers in Arms », « Wonderful Tonight » et « Solid Rock ».

"Un long chemin vers la liberté "

Ce concert est le plus important événement mêlant musique et politique.

Pour autant, le réseau de chaînes télévisées américain Fox, à cause de ce caractère politique engagé contre l’Apartheid, préfère ne pas l’évoquer lors de la diffusion des prestations et décide de ne programmer que six heures sur les heures que durent le show.

Reste que la lutte contre l’Apartheid qui défigure Afrique du Sud et pour la libération de Nelson Mandela est en marche.

Il faut néanmoins attendre l'élection de Frederik De Klerk, le 20 septembre 1989, pour que le leader de l'ANC, interdite depuis 1960, soit finalement libéré.

Après 27 ans passées derrière les barreaux, " Madiba ", comme le surnomme les Sud Africains, est libéré le 11 février 1990.

Celui qui fut emprisonné sous le matricule 46664 est élu président le 9 mai 1994.

Nelson Mandela demeure au pouvoir jusqu'au 5 juin 1999 conduisant ainsi l'Afrique du sud vers l'abolition de la ségrégation raciale et ouvrant la voix des réformes à l'ANC.