Un rythme entrainant, des paroles engagées

Quand la société se transforme, ses artistes aussi …

La fin des années 60 et les changements politiques dans la société vont faire naitre un vent contestataire dans la chanson française.  Avec "Le temps des loups" qui dénonce la violence Charles Aznavour rentre pleinement dans cette nouvelle approche.
Son interprétation de "Comme ils disent" résonne comme un pamphlet contre l'homophobie. En 1975, il marque le soixantième anniversaire du génocide arménien, avec "Ils sont tombés".


Des combats et des hommes
 
Gilbert Bécaud marque aussi la décennie de sa cravate à pois. L'interprète, qui multiplie ses apparitions sur scène, enregistre moins. Pour autant, " La solitude ça n'existe pas " de Pierre Delanöe et "L'indifférence " co-signée par Maurice Vidalin constituent quelques-uns des grands moments de sa carrière.

Michel Sardou, marque les esprits avec  " J'habite en France " est saluée par Georges Pompidou lui-même.
Après les succès de " La maladie d'amour " ou encore de " Bonsoir Clara ", il se forge l'image d'un chanteur polémiste.


Michel Sardou pointé du doigt

Il déclenche les foudres des féministes avec " Les vieux mariés " et " Les villes de solitude ". Les opposants à la peine de mort s'indignent, eux, du titre " Je suis pour "...
Dès lors, les tournées de Michel Sardou sont émaillées d'affrontements si bien que le chanteur est contraint d'annuler deux dates en 1976.

Une expérience au goût amer pour Michel Sardou qui préfère se tourner vers des textes plus rassembleurs, comme " En chantant ", où il évoque son enfance ou bien " Je vole " qui témoigne de son départ de sa famille.


Les chanteurs se politisent.


Politiquement incorrect, Serge Gainsbourg , interdit par les paras et lâché par ses musiciens, a déjà suscité la polémique en chantant la " Marseillaise " à cappella, le poing levé devant les bérets rouges.

Gérard Lenorman interprète " Si j'étais président " en pleine période préélectorale.
Julien Clerc risque un plaidoyer contre la peine de mort avec " L'assassin assassiné " (texte de Jean-Loup Dabadie).


Abolition !


Daniel Balavoine , porte-parole de le la jeunesse qui se désespère, apostrophe François Mitterrand dans le journal télévisé d'Antenne 2, le 9 mars 1981.
Quatre ans plus tard son titre " Petite Angèle " rassemble derrière lui toute une partie de la jeunesse. 
Dès lors, les institutions sont définitivement remises en question.

Pour preuve, le 18 septembre 1981, les députés adoptent le projet de loi de Robert Badinter abolissant la peine de mort après 200 ans de débats passionnés.
Le 9 novembre de la même année, l'assemblée nationale promulgue la loi sur les radios libres, sous l'impulsion de François Mitterrand au pouvoir depuis le 10 mai 1981.