Paroles "A propos d'un détail" - Hugues Aufray

Après bien des années à courir l'univers
Trois savants cosmonautes revinrent sur la terre
Ils annoncèrent bientôt qu'ils avaient de leurs yeux
Vu notre créateur, celui qu'on nomme Dieu

Le monde chaviré attendait plein d'espoir
La fusée des savants qui bouleversait l'histoire
Des quatre coins du monde, les grands théologiens
Vinrent se rassembler pour attendre en lieu saint

On voulut conserver à cette réunion
Une vraie neutralité pour toutes les religion
Et on choisit une île au bout du Pacifique
Que l'on avait soustraite aux essais atomiques

On pouvait voir le Pape, rêvant sous les palmiers
Aux rythmes langoureux des douces vahinés
Comme un simple touriste, un évêque anglican
Se dorait au soleil sous son panama blanc

Des juifs et des laïques qui faisaient les cents pas
Au milieu des indiens, des russes et des chinois
Et tout ce gentil monde dans un unique chœur
Qui priait en secret que ce Dieu soit le leur

Chaque seconde passait plus longue qu'une année
Tous les peuples vibraient d'une même anxiété
L'instant était venu où l'on saurait enfin
Qui se cache là-haut derrière le mot divin

Pour célébrer ce jour unique dans l'histoire
Y avait toutes les télés en couleur et en noir
À l'exception pourtant de notre ORTF
Qui était tombée en panne le matin, enfin bref

À 14h28, à l'instant annoncé
On vit du bout du ciel descendre la fusée
Quelques instant plus tard, le saint hélicoptère
Repérait la cabine ballottée par la mer

On vit plonger bientôt les fameux hommes-grenouilles
Qui évitent en principe que les savants se mouillent
Je vous passe les détails de la cérémonie
Et je reprends plus loin la suite de mon récit

Dans un silence unique, le chef de la mission
S'adressa en ces termes aux chefs de religions
Messieurs, le monde est grand et l'erreur est humaine
Ce que je vais dire va vous faire de la peine

Car si un Dieu unique un jour nous a créé
Il n'est pas pour le moins comme vous l'imaginez
Je me dois aujourd'hui de dire ce que j'ai vu
À vous de décider si vous êtes déçus

Car le Bon Dieu du ciel, maintenant, c'est certain
Est un être charmant de sexe féminin
Et je dois ajouter à sa plus grande gloire
Que c'est une jolie fille et qu'en plus, elle est Noire

Il ne faut jamais, jamais jurer de rien

Lyrics © Warner/Chappell Music, Inc.

Hugues Aufray

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