Roger Waters, figure légendaire des Pink Floyd qui a failli couler le groupe

Cofondateur des Pink Floyd, puis leader à l’éviction de Syd Barrett, Roger Waters aura exercé une emprise musicale, mais aussi morale sur le groupe. Jusqu’à son départ dans un contexte conflictuel.

Roger Waters, figure légendaire des Pink Floyd qui a failli coul © © Stephane Cardinale - Corbis / Getty Images

D’abord dans l’ombre de Syd Barrett

Né juste avant la Seconde Guerre mondiale au cours de laquelle son père se fait tuer au front, Roger Waters grandit avec sa mère, professeure, et ses deux frères aînés à Cambridge, où il se lie d'amitié avec Syd Barrett pendant sa scolarité. Avec son ami d’enfance, mais aussi Nick Mason et Richard Wright qu’il rencontre pendant ses études supérieures, il fonde le groupe Pink Floyd, d’abord mené par Syd Barrett et ses compositions de rock psychédélique. Mais quand ce dernier est évincé pour ses excès causés notamment par sa consommation de drogue dure, Roger Waters prend les rênes du groupe. Ce musicien hors pair avait été le guitariste du groupe à ses prémices, avant d’en devenir le bassiste pour laisser la guitare à Syd Barrett. Désormais, il va porter le succès des Pink Floyd sur ses épaules pendant une quinzaine d’années.

Des succès géniaux, mais une emprise totale qui passe mal

Comme l’avait fait Syd Barrett sur le premier album des Pink Floyd sorti en 1967 ("The Piper at the Gates of Dawn"), Roger Waters se met à écrire quasiment tous les textes et les paroles du groupe. Véritable génie créatif, il signe par exemple "Money" et le triptyque "Another Brick in the Wall", qui font partie des plus grands succès du groupe. Petit à petit, Roger Waters essaie d’avoir le contrôle sur tout ce que créent les Pink Floyd. Il supervise notamment le tournage du film musical "Pink Floyd: The Wall", adapté du double album conceptuel mythique dont il a signé tous les textes et les deux tiers des musiques en 1979. Roger Waters s’écharpe à la fois avec le réalisateur du film, Alan Parker, qui n’en peut plus d’entendre ses directives, et avec David Gilmour, remplaçant de Syd Barrett et co-compositeur du groupe. Ce dernier prend mal le fait de ne pas être crédité seul à la composition de "Comfortably Numb", à l’origine une démo de son premier album solo.

Carrière solo, bataille judiciaire et regrets

Lorsque l’album suivant des Pink Floyd sort en 1983 ("The Final Cut"), Roger Waters est encore moins partageur. Nommé selon le titre d’une chanson dédiée à son père, l’opus est entièrement écrit et chanté par lui, à l’exception de "Not Now John" qui accueille la voix d’un David Gilmour frustré de ne pas avoir pu écrire sur l’album. "The Final Cut" comporte d’ailleurs la notation équivoque "album de Roger Waters interprété par Pink Floyd". Après avoir provoqué en 1979 le départ du claviériste et cofondateur Roger Wright, Roger Waters considère que le groupe n’a plus lieu d’être et se lance dans une carrière solo. Officialisant son départ par une lettre recommandée envoyée en 1985, il refuse que David Gilmour, rejoint par Richard Wright et Nick Mason, reprenne le nom de Pink Floyd pour sortir un album. Alors qu’une lutte judiciaire est démarrée par Roger Waters, ce dernier se voit refuser la propriété du nom du groupe. Cependant, il obtient les droits d’auteur sur les chansons qu’il a écrites seul et donc sur une bonne partie du mythique "The Wall". Plus tard, il regrettera cette période conflictuelle et jouera une dernière fois avec le groupe pour le Live 8 en 2005.

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