Scorpions : retour sur 50 ans de carrière du légendaire groupe allemand

Formé en 1965, Scorpions a écrit l’une des plus belles pages de l’histoire du hard-rock. Rétrospective sur le plus grand groupe allemand de tous les temps.

Scorpions : retour sur 50 ans de carrière du légendaire groupe a © © Larry Marano / Getty Images

Des débuts sous l’impulsion de Rudolf Schenker

Si Scorpions a pu fêter en 2015 ses 50 ans de carrière, il le doit principalement à Rudolf Schenker. Toujours leader du groupe aujourd’hui, le natif de la région d’Hanovre démarre l'aventure musicale en 1965. Alors âgé de 17 ans, Rudolf Schenker est déjà un excellent guitariste qui a appris ses premiers accords avec sa tante. À la tête d’un groupe qu’il souhaite professionnaliser, il demande à son petit frère Michael et au chanteur Klaus Meine, membres d'une autre formation musicale de la ville, de le rejoindre en 1969. Trois ans après, le premier album du groupe sort. Considéré comme un disque de rock psychédélique, avant-gardiste et empruntant à la musique électronique, "Lonesome Crow" permet à Scorpions d'obtenir un premier succès en Allemagne et d’y réaliser une première tournée. Malgré ces bons débuts, Michael Schenker et d’autres membres quittent le groupe où restent uniquement Rudolf Schenker et Klaus Meine, qui sont toujours aujourd’hui les deux grandes figures de Scorpions.

Rencontre avec le producteur fétiche Dieter Dierks

Après avoir régénéré le groupe avec de nouveaux membres, Scorpions se dote également d’un nouveau producteur en 1975. Faisant déjà partie des grandes figures du rock allemand alors qu’il n’est que trentenaire, Dieter Dierks emmène le groupe vers le hard-rock et restera le producteur emblématique de Scorpions malgré sa mise à l’écart à la fin des années 80. "In Trance", le troisième album du groupe et le premier produit par Dieter Dierks, offre un début de reconnaissance internationale à Scorpions. Porté par le titre éponyme de l'album et les classiques "Robot Man" et "Dark Lady", le disque marche encore mieux que ses prédécesseurs grâce à un son beaucoup plus électrique qu’électronique, et à un raccourcissement de la durée des morceaux. Enregistrés dans la même veine, les deux opus suivants permettent à Scorpions d’élargir sa notoriété à l’international, notamment au Japon où le groupe est déjà adulé et enregistre l’album live "1978 : Tokyo Tapes".

Au firmament pendant les années 80

Toujours produit par Dieter Dierks, le sixième album du groupe "Lovedrive" marque un tournant dans la carrière de Scorpions à sa sortie, début 1979. Bénéficiant du retour temporaire de Michael Schenker (sur trois titres) et de l'arrivée du très talentueux guitariste soliste Matthias Jabs (toujours dans le groupe actuellement), "Lovedrive" est le premier succès de Scorpions aux États-Unis. Comme en Allemagne et en France, il y est certifié disque d’or, grâce à un son rock plus accessible ("Is There Anybody There" et "Lovedrive") et des ballades ("Always Somewhere" et "Holiday") qui deviendront la marque de fabrique du groupe. Après un septième album ("Animal Magnetism", 1980), disque de platine aux États-Unis, mais moins apprécié en Europe, Scorpions sort coup sur coup deux opus souvent considérés comme ses deux chefs-d’œuvre : "Blackout" en 1982 et "Love at First Sting" en 1984. Numéro 1 en France (son pays d’enregistrement) et numéro 10 du Billboard 200 américain, "Blackout" comporte notamment les singles "No One Like You" et "Can't Live Without You" où les virtuoses Matthias Jabs et Rudolf Schenker signent des riffs exceptionnels. Deuxième plus grand succès commercial du groupe, "Love at First Sting" comporte l'incontournable ballade "Still Loving You" et le très hard-rock "Rock You Like A Hurricane".

La fin d’un cycle et le renouveau avec "Crazy World"

Après un dixième album "Savage Amusement" (1988) jugé trop pop et commercial par les membres du groupe, Scorpions décide de se séparer de Dieter Dierks malgré l’incroyable succès connu dans les années 80. Avec les purs rockeurs Keith Olsen et Jim Vallance respectivement à la production et à la coécriture, le disque "Crazy World" sorti en 1990 retrouve un son très rock ("Tease Me Please Me", "Don't Believe Her"), mais sera surtout porté par les succès de ses ballades "Send Me an Angel" et "Wind of Change". Ce dernier titre, écrit dans les derniers moments de la guerre froide, deviendra un hymne symbole de la réunification de l’Allemagne où il se classe numéro 1. À la deuxième place des ventes d’albums en France et certifié double disque de platine aux États-Unis, "Crazy World" est le plus grand succès commercial du groupe, mais pas le dernier.

Des albums expérimentaux avant un retour aux sources

Après le départ en 1993 de Francis Buchholz (bassiste historique du groupe depuis 1974) à une époque où le heavy metal, le grunge et le pop-rock prennent le pas sur le hard-rock, Scorpions change plusieurs fois de style. Après le metal de "Face the Heat" (1993), les ballades de "Pure Instinct" (1996), la pop de "Eye II Eye" (1999) et le très symphonique "Moment of Glory" (2000), le groupe retrouve un gros succès avec "Unbreakable" (2004) et "Sting in the Tail" (2010) dont le son rappelle celui du groupe dans les années 80. Alors qu’une retraite officielle avait été planifiée pour 2012, Scorpions reprend finalement les guitares et signe un nouvel album, intitulé "Return to Forever", pour célébrer les 50 ans du groupe en 2015. Numéro 2 en Allemagne et numéro 5 en France, ce dernier opus en date prouve que les Scorpions piquent encore.

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