Venu avec sa famille d'Italie pour fuir le fascisme,
Serge Reggiani
gardera toujours l'amour de la liberté et n'hésitera jamais à se battre
pour défendre les droits de l'homme.
Le petit Serge ne se destine pas
au chant, il aime par dessus tout la boxe qu'il pratique assidûment. Un
peu par h
Asa rd, il entre au Conservatoire et épouse le métier de
comédien.
Repéré par
Cocteau, le comédien glane ses premiers lauriers
sur les planches avant de rapidement se tourner vers le cinéma.
Son
talent et les bonnes rencontres qu'il fait lui permettent aujourd'hui
de figurer au panthéon du 7ème art avec des rôles dans des chef
d'œuvres comme "
Les portes de la nuit", "
Le Doulos" et surtout "
Casque
d'or".
Même s'il aime chanter,
Serge Reggiani n'aborde cette discipline qu'à
l'âge de 44 ans, en 1966 et grâce à
Jacques Canetti, célèbre producteur
rencontré chez
Yves Montand .
Son premier album, signé
Boris Vian , se
trouve rapidement couronné par l'Académie Charles Cros et remporte un
triomphe.
Aussi à l'aise au théâtre que maladroit devant un micro,
Barbara , conquise par le chanteur, initiera véritablement ce "néophyte"
aux délices de la scène.
En première partie de la chanteuse,
Serge
Reggiani gagne en confiance et pourra ensuite remplir seul des salles
qu'il fera vibrer avec sa voix grave, sans cesse au bord du gouffre.
Le
public vient applaudir l'artiste qu'il chante, qu'il joue au théâtre
(c'est l'époque de
Sartre et des "séquestrés d'Altona"), ou au cinéma.
Second album en 1967, de nouveau le succès est au rendez-vous. Il crée
à cette occasion son grand classique "
Les loups sont entrés dans
Paris".
Des titres comme "Le petit garçon", "Maxim's" (écrit par
Gainsbourg) sont également sur toutes les lèvres.
Un acteur devenu chanteur sur le tard
En 68 "
Et puis" est le troisième album de l'artiste ("Madame
Nostalgie"). En plus des textes de jeunes auteurs, Reggiani intègre
toujours une chanson de son porte bonheur : Vian. On pense bien
évidemment à des incontournables comme "Le déserteur". Nouveau prix de
l'académie du disque pour ce nouvel opus.
Serge Reggiani mène de front
plusieurs carrières et sortira quasiment un album par an ! Il fait
figure d'incontournable de la chanson française et se voit souvent
récompensé (il reçoit par exemple le prestigieux pris Edison). Son fils
Stephan partage avec lui son goût pour la chanson.
Auteur, compositeur
et interprète, il partage l'affiche avec son père à Bobino en 1975. Les
avis sont mitigés.
Serge Reggiani s'entête, mais son fils ne parviendra
jamais à sortir de l'ombre écr
Asa nte du père et mettra fin à ses jours
en 1980. Tout s'effondre pour
Serge Reggiani qui met une parenthèse
dans sa vie et se laisse gagner par l'alcoolisme, malgré ses succès de
l'époque comme "Venise n'est pas en Italie".
Une oeuvre testament
Toutefois le public lui témoigne, à chacune de ses apparitions, sa
sympathie et, mû par un tempérament d'artiste hors pAIR, il refait
surface triomphalement dans les années 90 où une nouvelle génération le
découvre. "
Reggiani 89", "
Reggiani 91" ou "
Reggiani 95" sont des albums
très personnels où le chanteur explore des thèmes qui le Passionnent et
qui témoignent de sa résurrection. Peintre, sculpteur, écrivain, il
continue à défendre une certaine idée de l'art.
En 99, sort son album
"Les adieux différés", emprunt de nostalgie. Contraint d'annuler une
série de concerts parisiens la même année après une hospitalisation,
Serge Reggiani offre en 2000 un ultime album "Enfants, soyez meilleur
que nous". Un disque testament écrit par
Michel Legrand et
Jean Michel
Dréjac pour les textes.
Les hommages pour perpétuer la mémoire de Serge Reggiani
Deux ans plus tard,
Bernard Lavilliers, Renaud, Jane Birkin ou encore
Patrick Bruel lui rendent hommage à travers un disque, "
Autour de
Serge Reggiani ".
En 2003, une victoire d'honneur vient récompenser l'ensemble de sa
carrière lors des 18éme Victoires de la Musique. Suit une tournée qui
débute dans la salle parisienne du Palais des Congrès. Acclamé, il se
produit également en Belgique, au CAnada et en Suisse.
Artiste engagé et figure de proue de Saint Germain des années 50-60, il décède le 22 juillet 2004 d'un arrêt cardiaque.
Deux ans plus tard, une compilation réunit quelques uns de ses plus
grands titres interprétés sur scène. On y retrouve également deux duos
avec son fils, Stéphane : "
La java des bombes atomiques" et "Le
déjeuner de soleil".