Vienne et l'Autriche : Un coup de cœur permanent
Quelle est la première chose qui vous vient à l'esprit quand vous pensez à l'Autriche ?
Bonnie Tyler : C'est un endroit tellement magnifique, surtout Vienne. Nous y sommes allés de nombreuses fois. Une fois, je suis allée dans un salon de thé spécial, je ne me souviens plus du nom, et nous avons mangé de jolis petits gâteaux avec du thé. Une fois, je suis allée à un bal là-bas, mais nous restons toujours près du parc, un très joli parc à Vienne. C'est un endroit magnifique et des amis à nous y vivent aussi, donc nous avons l'occasion de les voir.
Donc parfois vous êtes aussi à titre privé à Vienne, pas seulement pour le travail ?
Bonnie Tyler : J'y vais pour le travail, mais je vois toujours mes amis aussi.
Que peut-on attendre de votre concert du Jubilee Tour en novembre ?
Bonnie Tyler : Ce sera merveilleux, je suis sûre. Mon spectacle sera surtout composé de tous mes grands succès, mais je vais aussi le parsemer de quelques nouvelles chansons. Ce mois-ci, je sors justement une nouvelle chanson produite et écrite par un producteur autrichien qui s'appelle Patrick Schmiderer. Elle s'appelle "Only Love Can Save Us Now". Nous la jouerons parmi tous les grands succès. J'espère que tout le monde profitera de ce jubilé ensemble et chantera avec moi, ce sera fantastique. Ce sera une grande fête Bonnie Tyler.
50 ans de carrière et une confiance grandissante
Vous êtes sur scène depuis 50 ans. En quoi la Bonnie Tyler de 2026 est-elle différente de la Bonnie Tyler des années 70 ou 80 ?
Bonnie Tyler : Oh, beaucoup plus confiante, et j'apprécie le travail en direct plus que jamais. J'ai un groupe formidable qui m'accompagne depuis plus de 30 ans. Nous sommes de grands amis. Nous passons du bon temps sur scène et en voyageant ensemble. Musicalement, ce sont des musiciens superbes. J'ai beaucoup de confiance parce que je sais que les gens aiment la musique et qu'ils vont se lever, chanter avec moi et faire une belle fête.
Dans les années 70, il y a 50 ans, vous avez démarré votre carrière avec deux grands succès, "Lost in France" et "It’s a Heartache". Auriez-vous pu imaginer à l'époque que vous seriez encore en train de vous produire 50 ans plus tard sur les scènes internationales ?
Bonnie Tyler : Je n'aurais jamais, jamais rêvé être encore sur scène. J'ai 75 ans cette année, en juin. Je n'arrive pas à y croire, je ne les sens pas. Quand on monte sur cette scène, on envoie du rock et on passe un bon moment. Je n'aurais jamais pensé que je ferais encore ça et que je m'amuserais autant. Ça m'étonne moi-même.
Les secrets derrière les tubes planétaires
Dans les années 80, vous avez enregistré "Total Eclipse of the Heart" avec Jim Steinman. Avez-vous su tout de suite que cette chanson allait changer le monde de la musique ?
Bonnie Tyler : J'ai adoré. La première fois que je l'ai entendue, Jim l'a jouée au piano. Jim Steinman ne vous donne pas une démo à apprendre : vous l'apprenez au piano et vous vous l'appropriez. C'est comme ça que j'ai appris "Total Eclipse of the Heart". Elle s'est vendue à environ six ou huit millions de copies. Je viens de recevoir la nouvelle qu'elle a atteint un milliard de vues pour le clip sur YouTube et un milliard d'écoutes sur Spotify, ce qui est vraiment génial parce que les jeunes utilisent Spotify et TikTok. J'ai tout un nouveau public. Mon public couvre toutes les générations, c'est comme une famille.
"Total Eclipse of the Heart" faisait aussi partie d'une comédie musicale, "Dance of the Vampires", qui a été jouée à Vienne. Avez-vous vu la comédie musicale ?
Bonnie Tyler : Oui, je l'ai vue deux fois. Ce que beaucoup de gens ignorent, c'est qu'à l'origine, Jim Steinman écrivait "Total Eclipse of the Heart" de façon complètement différente pour un spectacle sur les vampires. Mais quand je l'ai rencontré au début des années 80, il l'a réécrite, il a tout changé et me l'a donnée. Meat Loaf a toujours été très déçu qu'il ne la lui ait pas donnée à lui, mais j'ai eu tellement de chance, j'ai été bénie que Jim Steinman me la donne. Il croyait en moi.
"Holding Out for a Hero" est encore aujourd'hui un immense succès. Que ressentez-vous quand vous l'entendez à la radio et quels sont vos souvenirs d'enregistrement ?
Bonnie Tyler : Les gens l'adorent. Je termine mon spectacle avec cette chanson, et tout le monde saute, crie et chante. Quand j'ai enregistré cette chanson à Los Angeles avec Jim Steinman et Dean Pitchford, on m'a emmenée dans les studios de cinéma pour me montrer les rushs de la scène où Kevin Bacon faisait la course de poulets sur le tracteur. On me l'a montré pour que je sache exactement quelle excitation et quelle énergie mettre dans cet enregistrement, parce qu'il fallait que ce soit un moment très excitant du film. Ça m'a vraiment aidée.
Entendre une de mes chansons à la radio, c'est toujours merveilleux, j'ai toujours un frisson. Je n'oublierai jamais la toute première fois que j'ai entendu « Lost in France » à la radio en 1976. C'était mon tout premier grand succès. J'avais 26 ans à l'époque, j'avais toujours écouté les chansons des autres, et puis tout d'un coup, tout le monde passait ma chanson.
Une voix unique et les pieds sur terre
Avez-vous toujours aimé votre voix rauque et puissante ou avez-vous parfois souhaité pouvoir chanter des ballades douces ?
Bonnie Tyler : Il m'est impossible de chanter très doucement. Je suis une rockeuse, je donne toujours tout ce que j'ai. La version que je fais aujourd'hui de « Lost in France » est plus puissante que le single original. Quand on m'a enlevé chirurgicalement des nodules à la fin des années 70, ma voix est devenue plus rauque. Mais ça a été fantastique parce que tout le monde a adoré cette aspérité. Ensuite, j'ai eu mon tout premier grand succès en Amérique avec « It's a Heartache ». Ce qui s'est avéré être une très bonne chose d'avoir cette raucité en plus.
En repensant aux coiffures et aux tenues des années 70 et 80, quelles tenues porteriez-vous à nouveau ?
Bonnie Tyler : Les épaules étaient si larges ! Mon père me disait : "Pourquoi portes-tu ces grandes épaules ? On dirait un joueur de football américain." Je lui disais : "Papa, c'est la mode." Les années 80 étaient formidables. J'avais les cheveux très bouclés, très volumineux. Maintenant c'est plus sobre. Les cheveux bouclés ne me vont plus vraiment en vieillissant, donc je les porte plus lisses, ce qui rajeunit.
Comment avez-vous réussi à rester la "Bonnie du Pays de Galles" malgré le succès ? Est-ce grâce à votre famille ?
Bonnie Tyler : Je ne peux pas changer, je ne veux pas changer. C'est naturel pour moi d'être simplement moi-même. Pourquoi changer ? Tout le monde me dit que j'ai les pieds sur terre. C'est peut-être parce que je suis Galloise et que je vis toujours au Pays de Galles. J'ai aussi une maison en Algarve, au Portugal. Je suis très proche de ma famille. J'ai trois sœurs et deux frères. Mes parents sont décédés maintenant, ainsi que mon frère aîné. Nous sommes une famille très unie. Je n'ai aucune prétention.
L'histoire derrière "Simply the Best"
Y a-t-il une chanson dans votre carrière qui n'a pas été numéro un, mais qui vous tient particulièrement à cœur ?
Bonnie Tyler : Oui, "Simply the Best", que j'ai enregistrée deux ans avant Tina Turner. Mais ça n'a pas été un succès pour moi. Je la fais quand même en concert en hommage à l'incroyable Tina Turner, parce qu'honnêtement, elle était vraiment la meilleure. J'ai toujours été une immense fan de Tina Turner depuis mon plus jeune âge, chantant avec une brosse à cheveux dans ma chambre. J'ai eu la grande chance de la rencontrer personnellement au fil des années, c'était une femme gracieuse, merveilleuse. Sa version était absolument superbe, sa voix l'a portée à un tout autre niveau.
Comment vous êtes-vous sentie en voyant Tina Turner connaître un immense succès avec cette chanson deux ans après vous ?
Bonnie Tyler : Eh bien, j'ai dit à la maison de disques qu'ils auraient dû mieux promouvoir la chanson. Mais Tina Turner en a fait une version fabuleuse, parce qu'elle a non seulement changé le morceau, mais elle y a mis un tempo médian différent, ce qui était incroyable. Elle a fait un très bon travail. Tina Turner était merveilleuse.
Version française : Éloïse Buhk et Quentin Prevotat