Avant de se lancer dans la chanson, Guesch Patti (Patricia Porasse de son vrai nom) est une danseuse classique et contemporaine accomplie, passée notamment par l'Opéra de Paris. C’est à l'âge de 41 ans qu'elle change de vie et explose dans le milieu de la musique.
Qui est Etienne ?
L'écriture du titre se fait de manière très spontanée : elle écrit les paroles en seulement trois heures, sur une musique de Vincent Bruley. Contre toute attente, le fameux Étienne de la chanson n'est pas un amant secret. Comme le souligne Le Journal des Femmes, il s'agit de son manager de l'époque, avec qui elle avait une relation purement platonique. Ce clin d'œil a d'ailleurs beaucoup marqué le principal intéressé : "Il a rougi quand il a entendu le titre", avait confié la chanteuse à la télévision.
Le double sens des paroles
La chanson parle de désir et de plaisir féminin de manière très directe pour l'époque ("Reste allongé, je vais te rallumer", "Si je te mords, et encore").
La chanteuse a également confirmé un jeu de mots volontaire dans le refrain : en entendant "Étienne, Étienne", on peut aussi comprendre "Et tienne, et tienne...", pour évoquer l'idée de se donner à l'autre.
Un clip censuré
Le clip en noir et blanc, réalisé par Emmanuel Cany, marque les esprits. Guesch Patti y réalise une danse sensuelle et théâtrale au milieu d'un groupe d'hommes.
Jugées trop osées pour l'époque, les images sont interdites de diffusion en journée sur plusieurs chaînes de télévision. Mais cette censure provoque l'effet inverse : elle crée un énorme coup de projecteur et rend le clip culte. La vidéo sera même récompensée au festival de Montreux en 1988.
Succès européen et guerre des producteurs
En 1987, "Étienne" devient un immense tube. Le titre est certifié disque d'or en France et cartonne partout en Europe, notamment en Allemagne, en Italie et en Autriche. Ce succès permet à Guesch Patti de remporter la Victoire de la musique de la "Révélation féminine", face à Vanessa Paradis et Maurane.
Mais en coulisses, le morceau déclenche une incroyable bataille judiciaire. Pendant plus de trente ans, deux producteurs, Cesare Rancilio et Marc Britan, se disputent les droits de la chanson après que la chanteuse a signé avec l'un puis avec l'autre. Après une quarantaine de décisions de justice, l'affaire se règle enfin en 2011 : Cesare Rancilio récupère ses droits face à son rival, qui avoue avoir falsifié la date de son contrat à l'époque.