Avec la disparition de Victor Willis à l’âge de 74 ans, c'est une immense page de l'histoire de la musique qui se tourne. Au-delà de son célèbre costume de policier, il laisse derrière lui des tubes gravés à jamais dans la mémoire collective.
Du Gospel aux lumières de Broadway
Né le 1er juillet 1951 à Dallas, le jeune Victor fait ses premières armes en chantant le gospel dans l’église baptiste de son père. Passionné par la scène, il étudie le théâtre et la danse avant de tenter sa chance à New York. C'est là, alors qu'il brille à Broadway dans la comédie musicale The Wiz, qu’il se fait remarquer deux producteurs français : Jacques Morali et Henri Belolo.
L'aventure Village People
En 1977, le duo de producteurs décident de créer un groupe de musique original. Leur idée est de s'amuser avec les clichés américains et de célébrer l'univers gay du quartier de Greenwich Village à New York. Victor Willis est le tout premier recruté. Il devient immédiatement le leader et le parolier de cette troupe de six inconnus incarnant des archétypes masculins : l’Indien, le soldat, le cow-boy, l'ouvrier du bâtiment, le motard en cuir et, bien sûr, le policier.
Le succès est fulgurant. Victor Willis a un flair incroyable : il écrit le tube Macho Man en une seule matinée. Après le premier succès de San Francisco, le groupe touche le jackpot avec l'intergénérationnel Y.M.C.A. Ce morceau se classe numéro un dans douze pays et s'écoule à 12 millions d'exemplaires, devenant un hymne festif universel.
Un auteur de talent multi-facettes
Mais le talent de Victor Willis ne s’est pas arrêté aux Village People. Il a mis son sens du rythme au service d’autres stars de l'époque, notamment le chanteur suisse Patrick Juvet, pour qui il a co-écrit les tubes disco I Love America et Lady Night. On lui doit aussi plusieurs morceaux de la bande originale du film culte Can't Stop the Music.
Une musique universelle
Le coup de génie des Village People a été de faire danser le monde entier tout en faisant bouger les mentalités. Avec des tubes comme In the Navy ou Go West, ils ont sorti la culture gay des clubs fermés pour la faire découvrir à des millions de personnes. Aujourd'hui encore, dès que la chanson Y.M.C.A. commence, tout le monde lève les bras pour former les quatre lettres. Les années passent, mais la musique des Village People restera éternelle !