Une vieille cassette oubliée au grenier à l'origine de l'album
L'histoire de ce nouvel album commence d'une manière assez étonnante. Tout est parti d'une simple invitation à une émission de radio, où Arnold Turboust devait présenter d'anciennes maquettes qu'il avait enregistrées au début de sa carrière. N'ayant plus de matériel pour lire ses vieilles bandes, il achète un lecteur de cassettes audio.
C'est en allant fouiller dans ses archives personnelles gardées au grenier qu'il tombe sur une chanson oubliée : "Les Lettres de Cracovie". En réécoutant cette démo, le désir d'écrire et d'enregistrer refait surface. À partir de ce morceau retrouvé, Arnold Turboust décide de composer un album entier. Le résultat final compte onze titres d'une pop brillante, rythmée, avec des mélodies captivantes et des textes très travaillés.
Un album partagé avec des amis et des artistes invités
Arnold Turboust l'avoue lui-même : il est d'un naturel assez timide et il craint souvent de déranger les autres artistes en leur proposant des chansons. Au départ, il pensait chanter tous les titres seul. Ce sont ses proches qui l'ont poussé à sortir de sa réserve et à être moins égoïste en partageant sa musique avec des invités.
L'artiste s'est donc lancé et La vie romantique est devenu un album collectif. Plusieurs artistes sont venus prêter leur voix : Flora Fishbach, Alain Chamfort, Zabou Breitman et son ami de toujours Étienne Daho. Ensemble, Arnold Turboust et Étienne Daho interprètent la chanson "Laurie Sky", que Turboust considère comme l'une des plus belles réussites du disque. Il explique d'ailleurs qu'avec le recul, la voix d'Étienne Daho correspond tellement à cet univers qu'il a l'impression d'avoir écrit la chanson spécialement pour lui.
Des débuts à Rennes jusqu'à l'enregistrement des albums majeurs en Angleterre
Cette nouvelle collaboration entre Arnold Turboust et Étienne Daho ravive de beaux souvenirs des années 80. À cette époque, Arnold Turboust suivait des études de mathématiques qu'il n'aimait pas du tout et cherchait sa voie. Lorsqu'un ami l'appelle pour jouer du piano sur un enregistrement à Rennes, il découvre une ville dynamique, pleine de jeunes, de fêtes et de musique avec le festival des Transmusicales.
C'est à Rennes qu'il s'installe et vit au jour le jour, dans des logements de fortune parfois sans électricité ni eau courante, aux côtés de figures de l'époque comme Muriel du groupe Niagara. C'est aussi là qu'il rencontre le jeune Étienne Daho, qui lui confie son envie de devenir chanteur. Très vite, les deux hommes s'entendent parfaitement grâce à leur timidité partagée et leur passion commune pour la pop anglo-saxonne.
Cette entente débouchera sur la création d'albums cultes de la pop française, comme Pop Satori ou plus tard Eden. Arnold Turboust se rappelle notamment l'enregistrement de Pop Satori en Angleterre, où ils ont découvert des méthodes modernes avec des synthétiseurs, même si leur maison de disques de l'époque doutait au début du succès de morceaux devenus incontournables comme "Tomber pour la France".
Le souvenir affectueux du tube "Adélaïde" et les retrouvailles avec Zabou
Au cours de l'interview, Arnold Turboust revient également sur "Adélaïde", son célèbre duo de 1986 chanté avec l'actrice et réalisatrice Zabou Breitman. Pour l'artiste, ce morceau drôle et décalé sur les déboires amoureux d'un jeune homme est toujours une grande fierté et un véritable passeport auprès du public. Il s'amuse d'avoir réussi à remettre à la mode un mot très ancien comme "freluquet"dans les paroles.
Dans La vie romantique, Zabou Breitman fait son retour aux côtés d'Arnold Turboust pour un nouveau titre, imaginé comme une suite amusante et complice à leur duo d'origine.
Un rendez-vous sur scène au Trianon à Paris au printemps
Pour présenter ces nouvelles chansons sur scène, Arnold Turboust prépare un concert exceptionnel. Il retrouvera le public parisien le 7 avril sur la scène du Trianon. Quand Thomas Caussé lui demande si les différents invités de l'album viendront chanter avec lui ce soir-là, le musicien répond simplement avec le sourire : "Who knows ?" (Qui sait ?). Une chose est sûre, la fête s'annonce belle pour célébrer la pop française.