C'est chez Ground Zero, que Philippe Vandel pose ses micros pour animer Nostalgie Vinyle Club. Pour cette première, il reçoit Philippe Manoeuvre qui débarque avec son sac rempli de vinyles et des histoires à partager.
1. Les Beatles et le chaos d'Ob-La-Di, Ob-La-Da
Philippe Manoeuvre évoque le mythique album blanc des Beatles enregistré à l'époque où ils sont les maîtres du monde et font ce qu'ils veulent. Chacun écrit ce qu'il désire pour remplir les quatre faces de ce double opus (comme McCartney sur son chien Martha My Dear ou Harrison sur ses guitares).
Parmi les morceaux, Ob-La-Di, Ob-La-Da est pensé par Paul McCartney comme un morceau ska (l'ancêtre du reggae). L'enregistrement est un calvaire : les Beatles y passent trois jours sans y arriver. Le quatrième jour, John Lennon arrive le matin excédé, il joue un petit piano idiot qui n'a rien à voir. C'est la bonne version ! La maison de disques voulait sortir le morceau en 45 tours, mais les Beatles, ayant trop souffert en studio, ont refusé.
2. David Bowie et l'album Pin ups
Quand Philippe Manoeuvre amène sur la table l'album Pin ups de David Bowie, on replonge dans la période où le chanteur sature du glam rock. Il en a assez que tout le monde copie le mouvement qu'il a créé, de Slade à Roxy Music. Il décide donc de clore cette période.
Il s'installe au château d'Hérouville avec ses musiciens, Mick Ronson et Woody Woodmansey, et lance l'idée : enregistrer uniquement des reprises de groupes anglais des années 1960. Jusque-là vu comme un "martien" par le public, Bowie montre enfin ses vraies racines. En reprenant les Who, les Pretty Things ou encore Syd Barrett et Pink Floyd, il dévoile au grand public d'où il vient et ce qu'il aime.
3. The Velvet Underground et Sunday Morning
Philippe Manoeuvre présente ensuite le premier album du Velvet Underground produit par Andy Warhol, reconnaissable à sa pochette avec la banane. L'histoire commence en 1966 à New York, lorsque Warhol découvre le groupe dans une boîte de nuit et a une véritable illumination : il veut produire cette formation qu'il trouve extraordinaire, notamment grâce à son leader Lou Reed et à sa batteuse, Maureen Tucker.
Cependant, Warhol impose sa vision en forçant le groupe à intégrer une chanteuse allemande, Nico, ce qui provoque des tensions avec Lou Reed, contraint de partager ses chansons. Au-delà de la musique, cet album marque l'histoire de l'industrie musicale en devenant le tout premier disque indépendant. Plutôt que de signer avec une grande maison de disques comme Decca ou EMI, Warhol passe par un petit label de jazz, s'affranchissant ainsi des circuits traditionnels des majors.
À sa sortie, l'album est un échec commercial retentissant, ne se vendant qu'à quelques milliers d'exemplaires la première année. Pourtant, comme le dira plus tard Brian Eno, tous ceux qui ont acheté ce disque ont ensuite fondé un groupe, tant il a redéfini l'accessibilité et l'esprit du rock. Loin des clichés sur la dureté du groupe, l'album offre aussi des moments d'une grande beauté, à l'image du morceau d'ouverture, "Sunday Morning", interprété en duo par Lou Reed et Nico, qui évoque la pureté d'un lever de soleil new-yorkais.
4. Sex Pistols : l'incroyable concert pirate devant Buckingham Palace
En 1977, face à la surenchère technique et matérielle des groupes de rock progressif, le punk émerge pour permettre aux gamins de monter des groupes tout de suite sans savoir jouer tous les solos de Pink Floyd. C’est l'arrivée des Sex Pistols, gérés par Malcolm McLaren qui a fait un casting parmi les jeunes fréquentant sa boutique de fringues avec Vivienne Westwood.
Philippe Manoeuvre raconte à Philippe Vandel l'histoire de sa présence sur le bateau loué par le label Virgin lors du jubilé de la reine Elizabeth II. Alors que les Sex Pistols jouent God Save the Queen devant Buckingham Palace. La fête tourne rapidement court : la police fluviale et la Royal Navy cernent le navire, menaçant de le couler si le concert ne s'arrête pas net. De retour au port, tout le monde déguerpit en courant pour échapper à l'arrestation, ignorant un détail cocasse : la reine n'était même pas dans le palais à ce moment-là, occupée à d'autres célébrations officielles.
5. Dolly Parton : de la reine de la country au rock
Hommage à Dolly Parton, la reine de la country qui vient de disparaître. Fille de paysans née au Tennessee dans une famille de neuf enfants, elle a pris un bus à 18 ans pour aller à Nashville écrire des chansons. Elle savait qu'elle avait le truc, elle a été repérée et s'est mise à écrire des chansons fantastiques avec beaucoup d'humour, en sachant utiliser tous les éléments pour devenir une personnalité grandiose et outrageuse.
C'est elle qui a écrit l'incroyable I Will Always Love You, qui a permis à Whitney Houston d'avoir un numéro un mondial colossal vingt ans après. Et malgré ses racines country incontournables, elle a été honorée par le Rock'n'roll Hall of Fame. Elle a même croisé Rob Halford, le chanteur de Judas Priest, en lui disant : "Oh dis donc Rob, est-ce que tu connais ma chanson Jolene ? Tu chanterais pas avec moi ce soir ?", et ils ont fait un duo de hard/métal incroyable.
6. Le jour où Amy Winehouse a posé un lapin aux Rolling Stones
À l'occasion de la sortie de leur nouvel album, les Rolling Stones ont surpris leur public en y incluant une reprise audacieuse : You Know I'm No Good d'Amy Winehouse, chantée par Mick Jagger. Un choix qui rappelle l'unique et improbable rencontre entre le mastodonte du rock et la diva de la soul.
L'histoire remonte à 2007. Alors au sommet de sa gloire avec son album "Back to Black" et le tube Rehab, Amy Winehouse est à l'affiche du festival de l'île de Wight, tout comme les Rolling Stones. Séduit par la chanteuse, Mick Jagger l'invite personnellement à le rejoindre sur scène le soir même pour partager un morceau, sans même passer par la case répétition. Mais le moment venu, coup de théâtre : alors que Jagger interrompt le concert pour présenter "une grande chanteuse", les coulisses s'affolent. Amy Winehouse est introuvable.
Dans l'histoire de leurs 60 ans de carrière, jamais aucun invité n'avait osé snober les Stones de la sorte. Pour meubler, le groupe enchaîne alors sur une version étirée de "Midnight Rambler". C'est finalement après de longues minutes d'improvisation que la chanteuse réapparaît, s'agenouillant théâtralement devant un Mick Jagger amusé pour s'excuser de son retard avant de chanter à ses côtés. Une rencontre unique qui fait d'elle la seule artiste de l'histoire à avoir posé un lapin aux Rolling Stones.
Philippe Manoeuvre prolonge l'aventure sur scène avec son spectacle Un enfant du rock raconte, accompagné à la guitare par Yarol Poupaud. Après le succès de ses dates à Paris, il investit La Scala le 23 novembre et le 14 décembre, avant de partir en tournée dans toute la France en 2027. "Rock à jamais !"