Au départ, "Maman a tort" n'était pas destiné à Mylène Farmer. Le morceau est né de la collaboration entre Laurent Boutonnat (jeune réalisateur passionné de cinéma) et Jérôme Dahan (compositeur). Les deux amis cherchent une interprète pour leur titre, une comptine au parfum de scandale qui parle d'une jeune fille hospitalisée tombant amoureuse de son infirmière.
Ils organisent alors un casting. Plus d'une cinquantaine de jeunes filles se présentent, mais aucune ne convient. C'est alors que Laurent Boutonnat pense à une amie, une certaine Mylène Gautier, mannequin et apprentie comédienne. Dès qu'elle chante les premières notes, le duo sait qu'il a trouvé sa perle. Mylène Gautier change son nom de famille en "Farmer" (en hommage à l'actrice Frances Farmer).
Un texte provocant sous des airs de comptine
Derrière sa mélodie enfantine et entêtante, "Maman a tort" cache un texte particulièrement audacieux pour l'époque. La chanson raconte l'histoire d'une jeune fille hospitalisée dans un établissement psychiatrique qui développe un amour pour son infirmière :"1. Maman a tort... / 2. Le psychiatre a dit... / 5. J'aime l'infirmière."
Un parcours difficile vers le succès
Au départ, aucune maison de disques ne veut de ce titre jugé trop bizarre ou trop risqué. Après de nombreux refus, c'est finalement la maison de disques RCA qui accepte de distribuer le 45 Tours. Le démarrage est très lent. Mais grâce à la persévérance de Laurent Boutonnat et à un plan de promotion intensif, les radios (notamment les radios libres alors en plein essor) commencent à diffuser le titre pendant l'été 1984. Le public est conquis : le single s'écoule à plus de 100 000 exemplaires.
Pour optimiser les ventes, ils enregistrent même une version en anglais, "My Mum is Wrong", mais celle-ci passera totalement inaperçue à l'étranger.
Un clip novateur à petit budget
Pour accompagner le morceau, Laurent Boutonnat réalise un clip vidéo marquant. À l'époque, le budget est dérisoire : environ 5 000 francs. Le réalisateur compense ce manque de moyens par une mise en scène très cinématographique, esthétique et provocante. Mylène Farmer y apparaît vêtue d'une longue robe blanche de communion, tandis que des portraits du psychanalyste Sigmund Freud sont projetés en arrière-plan. Aux côtés de la chanteuse, une petite fille et un jeune garçon apparaissent dans des postures étranges.
Ce clip permet à Mylène d'imposer son image mystérieuse à la télévision française. Il s'agit d'ailleurs de l'un des premiers clips de l'histoire de la pop française à être brièvement censuré par certaines émissions de l'époque en raison de son imagerie dérangeante.