1. "Start Me Up" - The Rolling Stones (1981)
Un heureux hasard
Le groupe avait enregistré des dizaines de versions ratées du morceau dans un style reggae. En 1981, alors qu'ils fouillaient dans leurs vieilles bandes pour trouver des chansons pour l'album Tattoo You, l'ingénieur du son Chris Kimsey est tombé sur une prise oubliée : lors d'une pause entre deux essais reggae, Keith Richards et Charlie Watts avaient joué une version rock rapide juste pour s'amuser. C'est cette improvisation de studio, repérée par hasard dans les archives, qui a été choisie pour devenir le tube mondial que l'on connaît.
2. Phil Collins – In the Air Tonight (1981)
Le micro resté grand ouvert
En 1979, lors de sessions d'enregistrement pour un album de Peter Gabriel, Phil Collins s'installe derrière sa batterie pendant une pause. L'ingénieur du son oublie de fermer le micro d'intercommunication (talkback) situé dans la cabine. Le son de la batterie est alors compressé à l'extrême par la console.
Frappé par cette saturation ultra-sèche et percutante sans réverbération naturelle, Collins réutilise le procédé sur son titre solo In the Air Tonight (1981). Cet "accident de micro" a inventé la célèbre technique de la gated reverb (réverbération étouffée), le son de batterie le plus iconique et copié de toutes les années 80.
3. "Roxanne" - The Police (1978)
L'heureux hasard d'une fausse note
En studio, un piano droit se trouve juste derrière Sting. Croyant le couvercle du clavier fermé, il se laisse aller pour s'asseoir, mais celui-ci est ouvert. Il plaque un accord par mégarde avec ses fesses, ce qui déclenche un fou rire général. Le son dissonant et le rire sont capturés par les micros, et le groupe choisit de les laisser tout au début de la chanson pour lancer l'un des morceaux les plus mythiques de l'histoire du rock.
4. "Africa" - Toto (1982)
Une composition jugée trop naïve au départ
Le claviériste David Paich s'amuse un jour à tester de nouveaux instruments en créant une mélodie qu'il trouve lui-même un peu simpliste. Lorsqu'il la fait écouter au reste du groupe, ses camarades s'en amusent et lui conseillent de l'écarter. Finalement, un musicien l'encourage à poser une ligne de chant par-dessus pour voir. Composée presque par dérision, la chanson est devenue l'un des plus grands succès de la décennie.
5. The Beatles – I Feel Fine (1964)
En 1964, en plein milieu d'une session, John Lennon pose sa guitare contre son amplificateur sans couper le volume. Par un concours de circonstances, Paul McCartney joue une note précise sur sa basse, ce qui crée une vibration en chaîne et un larsen massif (feedback) dans tout le studio.
Panique initiale de l'ingénieur du son (à une époque où le larsen était banni des enregistrements propres). Sauf que les Beatles trouvent ce vrombissement électrique ultra-moderne. Ils décident d'en faire l'introduction pure et simple du morceau, signant la toute première utilisation volontaire de larsen sur un single pop de l'histoire.
6. "Need You Tonight" - INXS (1987)
Naissance d'un groove légendaire sur une Yamaha RX5
En explorant une nouvelle boîte à rythmes (une Yamaha RX5), le claviériste Andrew Farriss appuie par inadvertance sur un bouton de démonstration, activant un preset de rythme syncopé. Saisi par ce groove qu'il n'avait pas programmé, il court chercher sa guitare et pose instantanément le riff principal de l'un des plus grands tubes mondiaux du groupe.
7. "Sweet Dreams (Are Made of This)" - Eurythmics (1983)
Une machine bloquée qui libère un riff iconique
Le duo est au bord de la rupture artistique et financière, bloqué dans un petit studio londonien sans grande inspiration. Un soir, Dave Stewart commence à bidouiller un vieux synthétiseur analogique bas de gamme dont la séquence s'est retrouvée complètement bloquée en boucle inversée. En entendant ce son bizarre et lancinant, Annie Lennox bondit sur un autre clavier pour poser une mélodie par-dessus. Ce "bug" technique a instantanément sauvé leur carrière et donné naissance à un chef-d'œuvre de la synth-pop.
8. "Blue Monday" - New Order (1983)
L'erreur de programmation
En voulant programmer leur boîte à rythmes et leur séquenceur, la claviériste Gillian Gilbert commet une erreur de manipulation en retranscrivant ses notes. Ce faux pas génère un léger décalage involontaire et désynchronise la mélodie par rapport au rythme implacable de la machine. Plutôt que de tout corriger, le groupe craque pour cet effet bancal, hypnotique et robotique. Résultat : ils signent le maxi-45 tours le plus vendu de l'histoire de la musique électronique et l'hymne absolu des pistes de danse des années 80.
9. "Smoke on the Water" - Deep Purple (1972)
Un incendie qui chamboule les plans du groupe
Le groupe s’installe en Suisse pour enregistrer, mais la veille des sessions, un spectateur enflamme accidentellement le casino de Montreux. Les musiciens se retrouvent coincés à l'hôtel. Pour tromper l'attente, Ritchie Blackmore commence à fredonner un riff basique sur quatre notes face au lac Léman. La catastrophe devenait un mythe.
10. "Wish You Were Here" - Pink Floyd (1975)
Une quinte de toux en plein enregistrement
Durant la post-production de ce morceau mélancolique, le guitariste David Gilmour est pris d'une violente quinte de toux. Plutôt que de refaire la prise, le producteur choisit de garder ce raclement de gorge au début de la chanson, renforçant son côté intime et humain.