C’est l'une de ces belles histoires de la musique que les artistes racontent rarement. À l'adolescence, un jeune Pascal Obispo apprend la guitare en autodidacte en décortiquant les morceaux de The Cure, fasciné par la simplicité hypnotique de A Forest.
Des années plus tard, il enchaîne les succès (notamment avec Lucie), et Florent Pagny lui demande de lui composer une chanson. En cherchant l'inspiration à la guitare, sa mémoire de musicien le ramène direct à ses jeunes années. Ses doigts rejouent exactement les mêmes accords qui l'avaient marqué à l'adolescence.
C'est ainsi qu'est née la musique de "Savoir aimer". Le rock des années 80 venait d'inspirer, sans le savoir, l'un des plus grands succès de la variété française.
Des paillettes de Claude François au choc du rock à Rennes
Pascal Obispo l'assume totalement : son tout premier disque, offert à sept ans, c'était du Claude François. Une période pop et pleine de paillettes, tout droit sortie des émissions de Maritie et Gilbert Carpentier, qui a nourri son goût pour le spectacle. Mais le grand tournant arrive à son arrivée à Rennes.
Avec son argent de poche, il va s'acheter ses tout premiers vinyles aux Nouvelles Galeries : le premier album de Police, Reggatta de Blanc, mais aussi Joe Jackson, The Cure et les Stray Cats. À cette époque, au début des années 1980, il enregistre sur cassettes les émissions de radio pour se faire sa culture musicale. Il anime même une émission de radio le matin sur Radio Kongas, où il passe des morceaux très sombres de The Cure ou Dead Can Dance... juste avant d'aller en cours de maths. Baigné par la scène post-punk locale (Joy Division, Bauhaus), son propre groupe de jeunesse, Words of Goet, fera même la première partie du groupe Killing Joke.
Marquis de Sade et la passion du son
Impossible de parler de Rennes sans évoquer le groupe culte Marquis de Sade, avec le chanteur Philippe Pascal et le guitariste Franck Darcel. Pour Obispo, c’est le choc absolu : ses murs sont tapissés de leurs photos et leur musique lui donne ses premières émotions de fan. Plus tard, les hasards de la vie le rapprocheront d'eux, au point de devenir bassiste pour Franck Darcel et de devenir très ami avec Philippe Pascal.
Cette culture du rock ne l'a jamais quitté. Vrai passionné de vinyles, il fait partie de ceux qui écoutent les disques jusqu'à la toute dernière seconde, à l'affût des petits bruits cachés au bout des sillons — une exigence qui l'a notamment rapproché du batteur Manu Katché. S'il a fait de la variété, chez lui ou dans sa loge avant de monter sur scène, c'est du Rammstein ou les riffs puissants d'AC/DC qu'il écoute à fond.
L'art de la composition et l'hommage aux légendes
Pour Pascal Obispo, il y a une différence : il ne s'est jamais vraiment considéré comme un chanteur, mais plutôt comme un compositeur qui chante. C'est cette envie de composer pour les autres qui l'a poussé à lancer le projet Héritage, où il se met dans la peau d'autres grands artistes (comme Julien Clerc ou Francis Cabrel) pour imaginer des chansons sur mesure avec eux. C'est dans ce même esprit qu'il a co-écrit le morceau Ceux qui restent avec son ami de longue date, David Hallyday.
L'artiste conclut en désignant le patron absolu : Paul McCartney. Pour lui, le mélodiste des Beatles reste le plus grand créateur de chansons de tous les temps.